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Le mal-être spirituel des Noirs : L’essai de Tiburce Koffi adapté au Théâtre

Mercredi 11 Avril 2018 / Le mal-être spirituel des Noirs : L’essai de Tiburce Koffi adapté au Théâtre

Quatre ans après avoir quitté l’Institut national supérieur des arts et de l’action culturelle (Insaac), Tiburce Koffi, écrivain émérite, s’y est rendu samedi 7 avril. Non pas en tant que directeur général de cette école des arts qu’il a quitté en 2014, mais pour voir un de ses textes adapté au théâtre. La mise en scène de Souleymane Sow de son essai ‘’Le mal-être spirituel des Noirs’’, est partie d’une idée originale du comédien Landry Amon. C’est d’ailleurs lui qui a interprété le texte sous forme de monologue. Landry Amon est resté fidèle à l’idéologie de l’auteur. Que pouvait-il faire d’autre tant le contenu est clair et direct. Tiburce Koffi appelle un chat, un chat. Et Landry Amon a représenté un chat, comme un chat. ‘’Agonie’’, c’est le titre qu’il a trouvé pour cette adaptation, parle de religion. La sensibilité du sujet n’a pas échappé à l’affectivité du comédien.

Le comédien est entré à fond dans son personnage. Agonisant davantage à chaque thème évoqué : la paresse, la cupidité, l’insalubrité, la naïveté et la servilité. Il a constaté avec l’auteur et à travers un jeu impeccable qu’en « Afrique, plus le temps avance, plus les choses se dégradent ». Sur scène, Landry Amon dénonce et fustige l’islam et le christianisme. Il rappelle que les livres saints de ces religions « importées » acceptent l’esclavage et que c’est sur cette base que les arabes ont soumis les Africains à 14 siècles de sujétion et 4 siècles de servitude (l’Occident). Face à ce hold-up spirituel, il ne dédouane pas des Africains qui ont été complice de la vente de leurs frères. Des renégats aussi coupables que les envahisseurs.

Pour une meilleure représentativité de l’Afrique dans le concert des nations, les Africains, préconise-t-il, doivent se tourner vers leur spiritualité. « Religions de conquête, l’islam et le christianisme ont dépouillé les Noirs de leur spiritualité », clame-t-il avec l’auteur.

Très ému, Tiburce Koffi a salué l’audace et la performance du comédien. « J’ai été impressionné par le jeu, par l’émotion qu’il dégage. J’ai redécouvert mon texte », a-t-il apprécié. Il a ré-exprimé son rattachement aux valeurs du continent. « Je porte l’Afrique dans mon cœur. Ses blessures sont mes blessures », a-t-il souligné. Et de fustiger : « Dieu en Afrique n’a pas de logement. Il est l’incommensurable. C’est l’Europe qui a inventé la forme plurielle de Dieu. Le monothéisme est africain. Les Africains devraient réfléchir. Si nos Dieu étaient si faible que ça, notre continent aurait disparu ».

Selon Landry Amon, la pièce présentée est au stade de projet. C’est pourquoi, il était important pour lui de la faire voir, en premier, par son auteur. Avec l’avis favorable de l’écrivain, il compte faire aboutir le projet le plus tôt possible.


Sanou A.



Africactu.com


Source: Africactu.com

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