Publicité

Tunis - Focus Sénégal aux JCC : ‘’Président Dia’’ ou la face hideuse de Sédar Senghor

Vendredi 09 Novembre 2018 / Mamadou Dia, ‘’Président Dia’’ ou la face hideuse de Sédar Senghor

S’il est bien connu en tant qu’un grand homme de la littérature africaine, du combat négritudien, Léopold Sédar Senghor (1906-2001), a aussi été un homme politique, premier président du Sénégal indépendant (1960-1980). Et là, le qualificatif ‘’grand’’ s’applique difficilement surtout quand on a vécu la politique senghorienne d’après l’indépendance en que ‘’diaïste’’ (du nom de Mamadou Dia (1910-2009), président du conseil du Sénégal de 1957 à 1962) ou soupçonné de l’avoir été.

Le long métrage documentaire (54 minutes) d’Ousmane William Mbaye intitulé ‘’ Président Dia’’, projeté le 6 novembre à la salle Le Mondial à l’avenue Ibn Khaldoun à Tunis dans le cadre des Journées cinématographiques de Carthage (JCC) catégorie Focus Sénégal, montre une autre face de Senghor.  « Il a beau chanté la Négritude, je crois que c’est du romantisme », déclare Mamadou Dia dans son témoignage. Si la phrase déconstruit tout le mythe autour du combattant de la cause du Noir, le documentaire primé Tanit d’or aux JCC en 2012, démontre la complexité et le gap qui existe entre le discours senghorien et la pratique de ce discours. « Senghor aime la France. Il est d’abord français avant d’être quoi que ce soit, sénégalais, africain », relève M. Dia. Pour lui, Senghor n’a jamais conçu une rupture avec la France et songeait à l’indépendance du Sénégal que dans 20 ans après 1960. D’où son choix de promettre à la France de voter « Oui » au référendum sur la communauté française en 1958. Mais ce n’est pas cela la pomme de discorde.

En 1962, Mamadou Dia est arrêté pour tentative de coup d’Etat, jugé et condamné à la prison à perpétuité. Celui qui voulait mettre fin à l’affairisme des députés, qui prônait une mutation totale avec le colonisateur est écroué. Il en ressort les ¾ aveugle avec une promesse de renoncer à faire de la politique.

« Nous sommes de génération 68. Nous  avons vécu sous Léopold Sédar Senghor. L’histoire de 1962, si on n’avait pas fait un film en 2012, 50 ans après, serait oubliée », a soutenu le réalisateur à la fin de la projection. Pour rester fidèle aux faits historiques, l’auteur a utilisé beaucoup d’archives mais aussi a fait témoigner des personnes contemporaines des événements. « On montre les faits comme elles étaient à l’époque et personne ne dira qu’on est partisan », a insisté William Mbaye.

En faisant ce rappel historique, le réalisateur montre que Senghor au plan politique n’est pas une superstar. « Senghor a été un frein au développement de l’Afrique. C’est mon propos », a-t-il conclu.

Sanou A.

Africactu.com


Source: Africactu.com

Publicité

Dans la même catégorie

Suivez nous sur facebook



Publicité

Contacts: Cote d'Ivoire: +22552823232 / Ghana: +233265648476 / Email: contact@africactu.com

Africactu.com © 2016 Tous droits réservés