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Kenya - Les artistes font entendre leur voix

Vendredi 22 Février 2019 / Le rappeur Khaligraph Jones

Face au dédain des radios et des clubs à l’égard des artistes kényans, le rappeur Khaligraph Jones a décidé de quitter son pays pour le Nigeria.La polémique a commencé début janvier, avec une vidéo de Khaligraph Jones. Depuis le Nigeria, ce rappeur kényan annonçait ironiquement qu’il abandonnait sa nationalité et s’installait définitivement à Lagos… pour y profiter de la gastronomie locale. Mais tout le monde a compris le message : la métropole nigériane est au sommet de l’industrie musicale africaine. C’est là que naissent les plus grandes stars du moment, écoutées à travers tout le continent et au-delà. « La façon dont vous soutenez vos artistes, ici, n’a rien à voir avec [le Kenya]. Chez moi, on entend plus de musique nigériane que de musique kényane », a précisé Khaligraph Jones dans une interview quelques jours plus tard.

Il n’en fallait pas plus pour lancer le mouvement « Play Kenyan Music », une petite tempête au sein du microcosme mediatico-culturel de Nairobi, la capitale du pays. De fait, hormis une poignée d’artistes établis, tel le groupe pop Sauti Sol, les radios et les clubs de la capitale dédaignent souvent leurs compatriotes. Leurs chouchous s’appellent plutôt Wizkid ou Davido, deux poids lourds nigérians (la musique nigériane totaliserait, selon certains, 60 % des contenus musicaux), ou bien la star tanzanienne Diamond Platnumz.

« Il ne s’agit pas seulement de quantité, mais aussi de variété », fulmine la chanteuse Muthoni Drummer Queen, qui mélange hip-hop, électro et percussions et regrette d’être « trop facilement catégorisée en musique alternative. On a tendance ici à considérer que ce qui vient de l’extérieur est meilleur. Mais les artistes kényans ont énormément travaillé ces dix dernières années, c’est aux radios de changer de comportement ! ». Ce dernier argument est en fait une réponse à la position des radios qui avaient tout bonnement lancé en chœur aux artistes locaux un tonitruant : « Soyez meilleurs ! »


Dans leur studio futuriste, un cocon blanc éclatant au matériel dernier cri, les deux présentateurs de la matinale de NRG (troisième audience de Nairobi) font une pause. « Nous ne passons pas de musique kényane, nous passons de la musique si elle est bonne », plaide Andrew Kibe, immédiatement suivi par son acolyte féminine, Kamene Goro : « Nous sommes ici pour les auditeurs, ce sont eux qui à la fin du mois payent les factures et les salaires ! »

LeMonde


Source: LeMonde

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