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Litterature : sortie du livre ‘’Djéli, conte d’aujourd’hui’’ de Fadika Kramo

Vendredi 08 Mars 2019 / Kramo Lanciné Fadika Etalon d’or de Yennenga FESPACO 1981

Récit de la parturition de l’Etalon d’or de 1981

Il faut le noter d’entrée, le livre de Kramo Lanciné Fadika,’Les tribulations d’un film africain, Etalon d’or de Yennenga FESPACO 1981’’, n’est pas de ceux qui attirent dès le premier regard dans un rayon de librairie. La couverture est un petit peu ratée. L’infographie semble avoir été l’affaire d’un débutant et l’impression est fade. Aussi, le travail d’Abidjan Edition à la base de la reproduction, a été bâclé. Le livre est truffé de fautes d’orthographe et de grammaire. Si comité de lecture il y a eu, il a juste survolé les coquilles qu’on retrouve sur une page sur deux.

Ceci dit, quelle valeur littéraire peut avoir un tel récit ? C’est là que se trouve tout le charme de cette production. Fadika Kramo, Etalon d’or de Yennenga au FESPACO 1981 aurait-il mieux fait de ne pas sortir ce livre ? La symbolique était forte. Et réaliser ce bouquin, qui est un témoignage poignant sur le parcours de son sacre à ce grand rendez-vous du 7e art africain, était un défi.

Le style d’écriture est digeste. Le premier Etalon d’or ivoirien ne s’est pas alambiqué de tournures lourdes et de phrases complexes. La lecture est plaisante, succulente. Le ‘’doyen’’ introduit des anecdotes qui accrochent le lecteur. Oui, ‘’Djéli, conte d’aujourd’hui’’ est vécu comme un conte rempli de suspens et de situations heureuses et malheureuses.

En effet, le réalisateur a eu de la chance sur tout son parcours et l’on a même l’impression, à un certain moment, que le long-métrage produit est le fruit du hasard. Que non. Comme, il explique lui-même, « On n’a rien dans la facilité ». Fadika Kramo a su surmonter les moments de doute. « J’avais fini par comprendre que le cinéma que j’avais appris à faire dans une école française et qui nécessitait toute une organisation et des structures pour son exercice, n’était pas pour maintenant dans mon pays », écrit-il (Page 41)

Infecté par le virus du cinéma très jeune, Fadika Kramo, va s’inscrire à l’Ecole nationale supérieure de photographie cinématographique (Enpc) communément appelée école de Vaugirard du nom de la rue ou se trouvait cette école en France. Revenu au pays, confronté à un problème d’emploi, il se retrouve à la Radiodiffusion télévision ivoirienne (RTI). Aidé par des amis, parents et collègues, après plusieurs tribulations, il réussit à finaliser son long-métrage.

Cependant, réussir à l’inscrire et à l’envoyer à Ouagadougou, fut une autre paire de manche. Entre plusieurs difficultés, le film est projeté, reçoit l’approbation du public et du jury et est récompensé de la plus haute consécration du cinéma africain, l’Etalon d’or du Yennenga.

Le livre a une valeur historique inestimable. Il revient sur les premières productions cinématographiques du pays, évoque l’entraide et la solidarité qui existaient entre les pionniers du cinéma ivoirien. Il décrit les difficultés auxquelles devaient faire face les premiers cinéastes et des figures emblématiques de cet art que sont Timité Bassori, Roger Gnoan Mballa, Désiré Ecaré, Yéo Kozoloa, Sidiki Vakaba, Véronique Mahilet, JM Koula…

Pour le cinquantenaire du FESPACO qui avait pour thème « mémoire et avenir du cinéma africain », il était important de sortir un tel document. Malheureusement, la précipitation dans la conception a failli tout gâcher. Vivement une seconde édition qui corrigera toutes les tares citées et qui fera de ce livre un chef d’œuvre, car ça en est un.

Sanou A.


Africactu.com


Source: Africactu.com

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