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Patrimoine africain : l’Open Society veut accélérer la restitution des œuvres

Mardi 26 Novembre 2019

Le réseau de fondations du financier George Soros débloque 15 millions de dollars pour soutenir des associations, créer des partenariats et former des experts africains.

Accélérer le cours de l’histoire en créant rapidement les conditions de la restitution des œuvres d’art à l’Afrique. Un an après la remise au président français du rapport de l’économiste Felwine Sarr et de l’historienne de l’art Bénédicte Savoy, et deux ans après le discours d’Emmanuel Macron à Ouagadougou qui avait ouvert ce débat, les fondations Open Society débloquent 15 millions de dollars (13,6 millions d’euros) pour transformer l’annonce du chef de l’Etat en réalité.

Ces derniers mois, en effet, le chantier n’a pas vraiment avancé. Après les levées de boucliers médiatiques qui ont suivi l’annonce présidentielle du 28 novembre 2017 au Burkina Faso puis la décision, un an après, de rendre sans délai 26 œuvres au Bénin, le sujet est repassé au point mort. On l’aurait même pensé endormi si, dimanche 17 novembre, le premier ministre Edouard Philippe n’avait prêté pour cinq ans un sabre au Musée des civilisations noires de Dakar. Ce geste éminemment politique vient prouver que le sujet n’est pas enterré, certes, mais il montre aussi que le cœur du dossier de la restitution, lui, n’avance pas, puisque le sabre est « prêté » et non rendu.

Finalement, plutôt que faire émerger des solutions, cette année de latence semble avoir permis à une petite musique anti-restitution de monter tranquillement. Felwine Sarr avait pointé dès l’écriture de son rapport le point sur lequel il s’attendait à être confronté. Il se doutait qu’on opposerait « l’absence en Afrique de musées aux standards européens et aussi de compétences suffisantes, pour conclure que le patrimoine sera en péril sur ce continent ». La sortie récente de l’essai Faut-il rendre des œuvres d’art à l’Afrique ? (Gallimard), de l’avocat et écrivain Emmanuel Pierrat, lui donne raison. L’essayiste y exprime clairement ses craintes sur la capacité de l’Afrique à recevoir et conserver ces biens précieux, comme d’autres voix qui montent aujourd’hui sur ce dossier.

« Une charge spirituelle importante »

D’où l’angle d’attaque de l’Open Society, qui a annoncé, lors du Forum de la paix à Paris, son « initiative pour appuyer les réseaux et les organisations qui s’efforcent de rendre à l’Afrique le patrimoine qui est le sien et lui revient de droit », comme l’a précisé son directeur, Patrick Gaspard. Cet ancien ambassadeur des Etats-Unis en Afrique du Sud est un convaincu de la première heure de l’impact très fort du geste promis par la France dans le discours de Ouagadougou. Son organisation a applaudi à la volonté d’Emmanuel Macron que « d’ici cinq ans, les conditions soient réunies pour des restitutions temporaires ou définitives du patrimoine africain en Afrique ».

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