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Bénin - Retour au pays natal pour des objets traditionnels du Dahomey

Jeudi 16 Janvier 2020

Le 17 janvier, grâce à une initiative privée française, vingt-sept pièces du patrimoine béninois, pillées et sauvées d’une vente aux enchères, rejoindront les collections du musée d’Abomey-Calavi. Un geste d’une portée politique et historique.

Le 17 janvier, les collections du Petit Musée de la Récade de Lobozounkpa (Bénin) seront augmentées de vingt-sept nouvelles pièces, portant à cent vingt-huit numéros son catalogue. Ainsi continue le processus de retour au Bénin de son patrimoine royal. Mais ni le discours d’Emmanuel Macron à Ouagadougou le 28 novembre 2017, appelant à procéder à « des restitutions temporaires ou définitives du patrimoine africain en Afrique » ni la demande déposée en 2016 par le gouvernement béninois pour obtenir vingt-six œuvres issues du pillage du palais royal d’Abomey en 1892 par les troupes coloniales françaises n’y sont pour quelque chose. L’initiative est privée et antérieure à ces interventions politiques.

Le 6 février 2015 est inauguré à Lobozounkpa, sur la commune d’Abomey-Calavi, près de Cotonou, un lieu-dit Le Centre, espace culturel de 4 000 m2 destiné à des expositions, des spectacles et des résidences d’artistes. L’initiative en revient au galeriste parisien Robert Vallois, qui entraîne dans l’opération le Collectif des antiquaires de Saint-Germain-des-Prés, parmi lesquels des spécialistes des arts d’Afrique. Dès la fin de 2015 est construit dans cet espace, sur les dessins de l’architecte René Bouchara, le Petit Musée de la Récade, tout en longueur et en clarté.

La récade, symbole de pouvoir

Le mot récade vient du portugais recado, « message », le terme en langue fon étant mankpo, qui signifie « bâton de la rage ». Il désigne un sceptre, propre à l’ancien royaume de Dahomey – ou Danhomè –, en forme de canne coudée. Il doit être soit accroché à l’épaule gauche, soit tenu de la main droite : ainsi l’exige l’étiquette. Le manche est en bois poli, souvent orné ou clouté, et la partie supérieure – qui serait la lame s’il s’agissait d’une hache de guerrier ou d’une houe d’agriculteur –, en métal ouvragé.


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