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Le bois certifié du bassin du Congo, une excellence africaine

Lundi 08 Juin 2020 / Le bois certifié du bassin du Congo

La production responsable de bois s'accompagne du respect de règles précises. En la matière, le bassin du Congo est une référence. Voici pourquoi.

Depuis bientôt vingt ans, une évolution considérable a eu lieu en Afrique centrale en matière de production responsable de bois. Certains producteurs ont réussi à produire à la fois bien et beau. Souvent décriés, attaqués, boycottés, soldés, il est temps de rétablir certains faits et de valoriser ce qui doit être, loin des discours d'apitoiement.

La mise en place du label FSC

Ainsi, sur les 6,6 millions de mètres cubes de grumes (rondins de bois) qui sont annuellement prélevés dans le bassin du Congo, pas moins de 1,1 million de mètres cubes le sont suivant les critères du label le plus exigeant au monde : celui du Forest Stewardship Council, couramment appelé FSC. Pour rappel, celui-ci a été fondé en 1993, alors que le sommet de la Terre de Rio (1992) n'avait pas donné les résultats escomptés en matière de préservation des forêts. Se sont alors mis autour de la table des ONG, des entreprises et des environnementalistes afin de plancher sur un modèle innovant dont l'objectif est de conserver les forêts pour les générations futures. Le résultat en a été la création d'un modèle qui veille à la protection des droits des travailleurs et des populations, au strict respect des lois nationales et internationales ou encore à la sauvegarde de la faune et de la flore.

Une part prépondérante dans l'univers du label FSC

200 millions d'hectares de forêts sont certifiés selon ce label en 2020 dans le monde entier, dont près de 5,5 millions d'hectares dans le seul bassin du Congo. Cet immense territoire, réparti entre le Cameroun, le Congo et le Gabon, représente deux fois la taille de la Belgique. Les chercheurs et scientifiques s'accordent à dire que les aspects sociaux et environnementaux sont traités de façon exemplaire par les entreprises forestières labélisées FSC.


Le Gabon, qui se veut le pendant africain du Costa Rica, ce pays d'Amérique centrale qui se positionne en modèle écologique, adopte lui aussi une politique verte en décrétant que toutes les forêts concédées du pays devraient adopter ce modèle FSC d'ici à 2022. Vaste challenge, sans doute, tant le niveau à atteindre est élevé. D'ailleurs, il est intéressant de noter que les critiques à l'endroit de cette décision se réfugient derrière l'argumentation, tant de fois entendue en Afrique, que le niveau à atteindre serait trop élevé ! Comment se positionner dans le haut de gamme et en réfuter les contraintes ?


La labellisation, un challenge de taille relevé...

En effet, il est complexe et difficile de remplir toutes les conditions liées à cette labellisation. Ainsi, le système de traçabilité instauré (depuis l'arbre jusqu'au produit transformé), combiné aux audits menés par des tierces parties indépendantes des producteurs, permet de répondre aux réglementations internationales qui luttent contre les crimes environnementaux et le trafic de bois illégaux. C'est une réponse stricte aux règles mises en place au Japon, en Australie, aux États-Unis et en Europe. C'est aussi et surtout une réponse aux préoccupations environnementales légitimes des citoyens d'ici et d'ailleurs.


Cette montée en gamme de certains producteurs forestiers du bassin du Congo s'accompagne aussi d'une élévation sensible dans la qualité et la sophistication des produits que ceux-ci offrent sur les marchés.


Là aussi, le Gabon avait donné le ton en interdisant l'exportation des grumes dès 2010 (la première grume d'okoumé, l'essence emblématique du pays, avait été exportée en 1908). Des contreplaqués, des éléments de meuble, des bardages, des clins, des traverses, du parquet, des terrasses et bien d'autres produits encore diffusent un made in Africa d'excellence.


Les producteurs africains certifiés ont aggloméré des notions complémentaires : esthétique et éthique, résistant et durable, disponible et soutenable. Ce savoir-faire et cette technicité servent dans un premier temps les marchés internationaux les plus avancés. L'attente est aussi africaine. Les freins qu'il faut lever en la matière sont essentiellement dus à des surcoûts logistiques (un container entre Libreville (Owendo) et Lagos coûte 3, 4 ou 5 fois plus cher que si cette « boîte » avait été exportée sur Shanghai). La diversification des essences de bois est aussi un élément crucial.


Alors que l'heure est au localisme, voire à un protectionnisme qui ne dit pas son nom, à une mise en place de barrières douanières ou non tarifaires partout dans le monde, il va être intéressant d'observer si les bois tropicaux africains de qualité seront appréciés à leur juste valeur en Europe ou aux USA.

Alors que le bois est considéré comme le matériau de l'ère post-carbonée, il sera pertinent de veiller à ce qu'aucune discrimination ne freine les bois issus d'une gestion saine.

Alors qu'une certaine condescendance est souvent de mise à l'endroit des pays africains, nous verrons si les emplois créés par les entreprises responsables seront maintenus grâce à une fluidité des échanges.

Alors, enfin, que les conséquences liées à la perte de la biodiversité et au réchauffement climatique sont vitales, les entrepreneurs sincèrement impliqués sur le terrain, tous les jours, verront-ils leur détermination couronnée de succès ?

En matière de foresterie et de produits forestiers, il existe bien une véritable compétence et même une excellence africaine qui mérite d'être valorisée et encouragée. Il serait navrant que ces qualités ne soient pas reconnues localement, régionalement et internationalement. Un indicateur ? Verrons-nous des terrasses en bois africain certifié FSC guider le pas des athlètes lors des Jeux olympiques organisés dans la Ville Lumière en 2024 ?


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