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Côte d’Ivoire : DJ Arafat, un artiste qui a « vécu comme une étoile filante »

Mardi 13 Août 2019 / DJ Arafat, un artiste qui a « vécu comme une étoile filante »

« DJ n’est pas mort, DJ ne peut pas mourir, il est trop jeune pour mourir, un guerrier ça meurt au combat, pas sur une moto, ce sont des bêtises », crie Moustafa Koné à l’oreille de son ami Olivier Bony, inconsolable. Postés devant la polyclinique des Deux-Plateaux, à Cocody, où la star ivoirienne de 33 ans est morte ce matin vers 8 heures, les deux jeunes fans ne veulent pas croire à la mort de leur idole et scrutent la moindre information dans la rue et sur les réseaux sociaux.

La triste nouvelle a pourtant bel et bien été officialisée par Maurice Bandaman, le ministre de la culture en personne, sur la RTI, la chaîne nationale ivoirienne, et sur son compte Twitter en début d’après-midi. Il y « présente ses condoléances à la famille et aux mélomanes » et annonce que des dispositions seront prises pour « un hommage à l’artiste ».

DJ Arafat, de son vrai nom Ange Didier Huon, a succombé à ses blessures après un accident de la route, alors qu’il roulait à moto, dans la nuit de dimanche à lundi, à Abidjan. Le chanteur aurait percuté la voiture d’une journaliste de Radio Côte d’Ivoire avant de s’effondrer, inanimé. Hier soir déjà, de nombreuses pages Facebook commentaient l’accident décrit par certains comme « inquiétant ».

« Le petit est parti »

Ironie tragique de l’histoire, DJ Arafat revenait d’un concert de sa tournée musicale, le Moto, Moto Tour, titre d’un de ses tout derniers tubes, afin de récolter des fonds pour les démunis. Avec plus de 2,3 millions d’abonnés sur sa page Facebook et un nombre tout aussi important de fans dans toute l’Afrique et la diaspora, DJ Arafat était considéré comme l’un des plus grands artistes du continent. « On est tous des Chinois ! », criaient ses fans cet après-midi dans d’importants rassemblements spontanés, dans les stades, devant la RTI, sa maison et la polyclinique. Une référence à son immense fan-club, qu’il appelait affectueusement « la Chine ».

« Le petit est parti. Il a vécu comme une étoile filante. Nous sommes tous effondrés. Dans le style du zouglou, à l’international, il y a Magic System. Pour le coupé-décalé, c’était DJ Arafat. C’est une grande perte pour la musique ivoirienne », a regretté A’salfo, le leadeur du groupe Magic System, qui s’est rendu à la polyclinique. Le footballeur Didier Drogba, que l’artiste considérait comme son « grand frère », et le ministre de la défense, Hamed Bakayoko, dont il était proche, lui ont également rendu hommage. Puis, dans la soirée, c’était au tour du président, Alassane Ouattara, de réagir à la nouvelle sur Twitter : « C’est avec une grande tristesse que j’ai appris le décès de Houon Ange Didier “DJ Arafat”, icône de la jeunesse et ambassadeur de la musique et de la culture ivoiriennes. Je présente mes sincères condoléances à sa famille et à tous ses fans. »

Car le bad boy aux dreadlocks et aux lunettes de soleil, réputé pour ses buzz et ses clashs à répétition, séduit tant les enfants pauvres que les puissants. Dans le club privé du ministre de la défense, ancien patron de la station musicale Nostalgie, Arafat allait chanter, de temps en temps. « Il m’a toujours soutenu et m’a beaucoup aidé, tant mentalement que financièrement. Il me donne des conseils. C’est mon papa », disait l’artiste.

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