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Maroc - Le rappeur Gnawi condamné un an de prison pour insulte à la police

Mardi 26 Novembre 2019 / Au Maroc, le rappeur Gnawi condamné un an de prison pour insulte à la police

Selon son avocat, l’artiste de 31 ans est avant tout poursuivi pour sa dernière chanson, dont les paroles attaquent directement le roi.

Le rappeur marocain Gnawi, co-auteur d’un titre polémique qui cumule 16 millions de vues sur YouTube, a été condamné à un an de prison, lundi 25 novembre, pour « outrage à fonctionnaire public ». « Je suis un artiste, mon boulot c’est de défendre mes droits et les droits du peuple. Ce n’est pas la première fois que je subis une humiliation de la police. Depuis que je suis né, je ne cesse de subir des humiliations », a-t-il lancé pour sa défense devant le tribunal de Salé.

Selon son avocat, le rappeur de 31 ans est avant tout poursuivi pour son dernier titre, Aacha chaab (« vive le peuple », en dialecte marocain). La chanson reprend des slogans scandés dans les stades et dénonce « l’injustice » et « l’accaparement des richesses », en écho au malaise de la jeunesse marocaine. Surtout, les paroles attaquent directement le roi, ce qui constitue, selon les médias locaux, un franchissement très net de ce qu’on appelle au Maroc les « lignes rouges ».

Gnawi a cependant reconnu lors de l’audience avoir insulté la police dans une vidéo « live » sur son compte Instagram, expliquant qu’il venait de « subir une humiliation » lors d’un contrôle policier. Pour sa part, le représentant du parquet a brandi un CD du rappeur datant de 2014, avec un titre contenant des attaques contre la police, pour démontrer que l’accusé n’en était pas à sa première provocation.

La condamnation du rappeur a été assortie d’une amende de 1 000 dirhams (environ 94 euros). La Direction générale de la sûreté nationale, qui s’était portée partie civile, a obtenu un dirham symbolique de dommages.

Commentaires indignés

A la sortie du tribunal de Salé, les proches de Gnawi ont scandé « Vive le peuple ! ». L’affaire a suscité des flots de commentaires indignés sur les réseaux sociaux. Des défenseurs des droits humains, comme Amnesty International, ont dénoncé une « atteinte flagrante à la liberté d’expression ».

En 2012-2013, un autre rappeur, Lhaqed, avait été condamné un an de prison pour « outrage à la police » pour un clip diffusé sur YouTube, puis à quatre mois de prison pour « ébriété sur la voie publique » en 2014.


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