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Kenya - Une « mini-république de femmes » contre les violences et les mutilations

Mardi 13 Mars 2018 / Une « mini-république de femmes » contre les violences et les mutilations

Des villages de femmes existent depuis vingt-cinq ans dans la région samburu. Des refuges toujours nécessaires malgré l’évolution de la société.

Une dizaine de huttes de bois et de plastique qui se dressent au milieu d’une plaine aride, souvent visitée la nuit par les éléphants et les léopards : pour beaucoup, le village de Mopukori serait hostile. Pour elles, c’est un havre de paix. « Nous sommes très heureuses de vivre ici parce que nous sommes libres. Personne n’est là pour nous imposer des restrictions, nous avons le pouvoir », sourit Nepi Lelegweny. Regard tranquille, dents du bonheur, elle est la doyenne du village, du haut de ses 42 ans. Autour d’elle, se sont rassemblées à l’ombre d’un grand acacia quelques-unes des vingt-six femmes qui forment cette communauté atypique.

Il y a vingt-cinq ans, une poignée de pionnières a fondé ce village à quelques kilomètres de la bourgade d’Archers Post, à plus de 300 kilomètres au nord de Nairobi, pour fuir le sort que leur réservait leur propre communauté. Comme leurs cousins masai, les Samburu pratiquent l’excision comme préalable au mariage, traditionnellement arrangé dès le plus jeune âge. Dans cette région pauvre et isolée, les jeunes filles quittent très tôt l’école – l’anglais et le swahili, enseignés dès le primaire au Kenya, ne sont presque pas parlés dans le village. Les femmes sont réduites à leur rôle de mère et très peu considérées. Au sein des foyers, racontent-elles, les violences sont banales.

Seules les femmes décident qui a droit de cité

La présence des hommes est tolérée dans le village, mais ce n’est pas le cas à Umoja, à une dizaine de kilomètres. Au fil des ans, quelques communautés de ce type ont essaimé dans la région, faute de place dans les villages de femmes existants mais aussi en raison de désaccords sur le règlement. Ils sont une dizaine, principalement des fils de résidentes devenus adultes, à vivre à Mopukori. Les pères sont autorisés à venir voir leurs enfants, les « petits amis » à rendre visite, parfois à rester dormir. La règle est stricte : seules les femmes décident qui a droit de cité.

Celles-ci ont des raisons pragmatiques d’accepter la présence masculine : elle les aide à assurer leur sécurité. « Nous sommes organisés pour faire des rondes. Un premier groupe tourne jusqu’à minuit, le deuxième veille jusqu’au matin », explique Bruce Lenasio, le fils de Mary, l’une des plus anciennes membres de la communauté. En tricot blanc et pagne bleu noué à la taille, il se montre fier de ce rôle emprunté à la tradition des morans, ces jeunes « guerriers » chargés de protéger le bétail et le village.


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Source: lemonde.fr

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