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Burkina Faso - Sécurisation foncière et droit des femmes aux terres : des experts ouest-africains en conclave à Ouagadougou

Mardi 30 Octobre 2018 / De gauche à droite sur la photo de table: L'Ambassadeur de l'Allemagne au Burkina, Ingo Herbert, Ivette Dembélé secrétaire d'Etat auprès du ministère de la Femme du Burkina Faso et Peter Koch, Représentant adjoint de la KAS''.

Endiguer les risques d’effritement de la cohésion sociale à travers le foncier rural et le libre accès des femmes aux terres cultivables dans les pays de la sous-région ouest africaine. Tel est l’objectif poursuivi par le Programme pour le Dialogue sous régional en Afrique de l’Ouest de la Konrad-Adenauer-Stiftung (KAS), par le truchement de son projet « Un seul monde sans faim 2 – Les Droits fonciers des femmes en Afrique de l’Ouest (Ewoh2)», présent depuis 2 ans au Burkina Faso, au Togo et au Bénin.

Ce séminaire a réuni les 29 et 30 octobre 2018, à Ouagadougou, un panel d’experts ivoiriens, béninois, togolais et burkinabè, de bénéficiaires et d’acteurs du foncier rural. Pendant deux jours, les participants réfléchiront sur le thème « La sécurisation foncière et les droits d’accès de la femme à la terre en milieu rural en Afrique de l’ouest : Acquis, insuffisances, défis et perspectives ».

A l’ouverture des travaux ce lundi 29 octobre 2018, Ivette Dembélé, Secrétaire d’Etat  auprès du ministre de la Femme, de la Solidarité nationale et de la famille, charge des affaires sociales, des personnes vivant avec un handicap et de la lutte contre l’exclusion du Burkina a vertement dénoncé l’hérésie culturelle qui soutient que les femmes n’auraient pas droit aux terres cultivables. « Elles ont majoritairement des droits restreints et provisoires alors qu’elles constituent la main-d’œuvre par excellence dans le monde agricole », a-t-elle confirmé. Puis, l’avocat-défenseur de la cause des femmes pour la circonstance, Ivette Dembélé Avant a fait remarquer que ce sont pourtant les femmes qui sont les plus utilisatrices de la terre, pilier du développement de l’espace Communauté Economique Des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

Ainsi, la population de cet espace économique sous-régional, dira-t-elle,  sera portée à un milliard à l’horizon 2050 avec une population agricole représentée à plus de 70 % par des femmes, c’est pourquoi  la Secrétaire d’Etat Ivette Dembélé a lancé cet appel : « l’Agriculture de l’Afrique de l’Ouest réagisse aux transformations démographiques, sociales et économiques de la région, au risque que la formulation des politiques devienne plus complexe ».

Invitant les participants du séminaire de Ouaga à faire une exégèse rationnelle de la condition des femmes dans le foncier rural, Ivette Dembélé leurs a confié une double mission. Premièrement, la première est qu’un plaidoyer soit fait auprès des décideurs, des autorités coutumières et religieuses afin qu’ils accordent une place de choix à la promotion des droits fonciers de la femme et aux questions relatives à la succession. Deuxièmement, la mise en place des stratégies innovantes dans chaque pays pour promouvoir de façon efficiente et durable les droits d’accès de la femme au foncier rural.

Ingo Herbert, Ambassadeur de la République fédérale d’Allemagne au Burkina Faso s’est réjoui de l’initiative  de la KAS, qui vise à rétablir les femmes dans leur droit foncier. Pour lui, l’Etat doit résolument œuvrer à faire en sorte de garantir de meilleures conditions de vie et de travail de tous ses citoyens, sans exclusion. Et les femmes, maillon important du développement de la sous région, ne devaient pas être en marge de cette avancée remarquable de l’Afrique.

C’est pour cette raison qu’il a suggéré aux participants qu’au-delà de cette conférence sous-régionale, des réponses idoines soient trouvées « sur le terrain dans les différents pays présents afin que la femme puisse jouir de ses droit en matière foncière ».

Peter Koch, représentant adjoint de la KAS  a, quant à lui, rappelé que c’est dans le but de régler les disparités liées à l’accès aux terres et surtout d’autonomiser de la femme que le projet Ewoh2 a été créé. Et ce, pour qu’elle puisse jouer son rôle «d’aide», d’actrice indispensable dans toute la quête de développement. « Elle ne doit, cependant,  pas seulement être celle qui exploite la terre, mais avoir aussi la possibilité d’en être propriétaire à part entière », a-t-il soutenu.  Pour lui, une fois propriétaire, la femme pourra non seulement exploiter la terre, mais pourra bénéficier des financements auprès des banques et autres institutions financières. Une façon, rassure-t-il, d’accroître la productivité des terres, l’essor économique des ménages et surtout réduire la pauvreté. Peter Koch a aussi plaidé afin que « chacun use des pouvoirs et des privilèges dont il dispose pour peser dans la balance pour que les conclusions qui seront prises au cours de cette conférence puissent être mises en œuvre pour le bien-être de la femme Ouest-africaine ».

Dramani Ouédraogo, coordonnateur du programme Ewoh2, a annoncé qu’une analyse profonde sera faite sur l’état des lieux des droits d’accès de la femme à la terre dans les différents pays  en vue d’une meilleure valorisation de gent féminine dans le domaine du foncier rural.

Patrick KROU

Infos : SERCOM KAS



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Source: Africactu.com

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