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Cameroun - L’inquiétant crépuscule du régime Biya

Vendredi 15 Mars 2019 / Le président camerounais Paul Biya, à Maroua, dans le nord du pays, le 29 septembre 2018.

Emprisonnement du principal opposant, conflit armé dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest : le pouvoir multiplie les signes de raidissement.

Passer inaperçu tout en se rendant indispensable. Depuis son accession à la tête du Cameroun il y a plus de 36 ans, Paul Biya s’est astreint à ce principe. Président aux rares apparitions publiques – ses dernières photos, publiées à l’occasion de son 86e anniversaire où il se dévoile dans une inhabituelle tunique rose pastel, ont été abondamment commentées sur les réseaux sociaux –, il a su se placer comme un allié précieux pour tous ceux qui s’intéressent à cette région charnière entre l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale. Une zone qui, ces dernières décennies, a dû encaisser les tumultes de Boko Haram au Nigeria, de la République centrafricaine ou bien encore du Tchad.

Français, Américains et Chinois pouvaient alors, dans une belle unanimité, chanter les louanges de cet autocrate discret qui a fait de son pays un apparent havre de stabilité et une terre d’investissements. Mais alors, que s’est-il passé pour que, dans une même semaine, la diplomatie européenne et le département d’Etat américain exposent publiquement leurs préoccupations quand à la direction prise par le Cameroun ?

Ce fut tout d’abord le sous-secrétaire d’Etat américain aux affaires africaines qui envoya le 4 mars la première salve sur les ondes de Radio France internationale. A la veille d’entamer une tournée en Afrique centrale, qui doit le mener les 17 et 18 mars au Cameroun, Tibor Nagy enjoignit les autorités de Yaoundé de libérer l’opposant Maurice Kamto, arrivé officiellement en seconde position lors de l’élection présidentielle du 7 octobre 2018, car, juge-t-il, « que ce soit vrai ou faux, il est perçu comme ayant été incarcéré pour ses activités politiques ».

« Emergence de discours de haine »

Le lendemain, ce fut au tour de Federica Mogherini de publier un communiqué au nom de l’Union européenne (UE), dans lequel elle déclare que « l’arrestation et la détention prolongée de plusieurs dirigeants d’un parti de l’opposition, dont son leader Maurice Kamto, et d’un nombre important de manifestants et de sympathisants, ainsi que l’ouverture de procédures disproportionnées à leur encontre devant la justice militaire, accroissent le malaise politique au Cameroun. »

Autres motifs d’inquiétude pour la cheffe de la diplomatie européenne : « L’émergence de discours de haine fondés sur l’appartenance ethnique », principalement à l’endroit des Bamiléké, la communauté d’origine de M. Kamto, et « la persistance de la violence et des violations des droits de l’homme dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest », les deux régions à majorité anglophone qui, depuis octobre 2016, ont peu à peu glissé dans une guerre civile qui refuse de dire son nom.

...Suite

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Source: LeMonde

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