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Ethiopie - Le lac Tana rongé par les jacinthes d’eau

Mercredi 22 Mai 2019 / Ethiopie - Le lac Tana rongé par les jacinthes d’eau

Entre 20 000 et 30 000 hectares d’une des sources du Nil bleu sont infestés par cette plante aquatique flottante. Une invasion qui menace la survie de ce site dont trois millions de personnes dépendent.

Ce matin de printemps, des dizaines de jeunes, de l’eau froide jusqu’aux genoux, déplacent ce qui ressemble à d’épais tapis verts envahissant la rive nord-est du lac Tana, le plus grand d’Ethiopie. « Ils travaillent tous les jours pendant cinq heures pour se débarrasser de la jacinthe d’eau », explique le chef du kebele, la plus petite sous-division administrative du pays.


Malgré sa belle apparence, cette plante aquatique flottante aux fleurs couleur lilas est un véritable fléau pour l’une des sources du Nil bleu. « Nous avions l’habitude de pêcher, les gens buvaient l’eau du lac, mais maintenant il sèche rapidement », tempête Amsalu Addis, 36 ans, l’un des travailleurs rémunérés 100 birrs (3 euros) par jour.

Propagation rapide

Personne ne sait vraiment comment cette plante extrêmement invasive originaire d’Amérique du Sud est arrivée en Ethiopie, il y a presque huit ans. Des chercheurs éthiopiens avancent des hypothèses : Tana pourrait avoir été contaminé par du matériel de pêche usagé transportant des fragments de jacinthe d’eau provenant du Soudan ou d’Egypte, ou par des oiseaux depuis le lac Victoria, le plus grand d’Afrique bordé par le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie, également touché.

En moyenne, entre 20 000 et 30 000 hectares du lac Tana sont infestés par la jacinthe d’eau, qui doublerait sa surface en une à trois semaines. Elle peut couvrir jusqu’à 50 000 hectares durant la haute saison, en septembre-octobre.

Selon le chercheur Ayalew Wondie, biologiste à l’université de Bahir Dar, capitale de l’Etat régional d’Amhara, sa propagation rapide est avant tout le résultat des mauvaises pratiques des riverains comme « l’agriculture de décrue [travail des sols après inondation], le pâturage libre et le rejet de polluants chimiques urbains et agro-chimiques ». Il déplore l’utilisation récente d’engrais et de pesticides par les agriculteurs qui favorise la prolifération de la plante aquatique dans une eau devenue, de fait, très riche en nutriments.

Arrachage manuel de masse

La présence de cette plante constitue une menace pour la biodiversité : elle empêche la pénétration de la lumière et réduit le taux d’oxygène dans l’eau au risque d’asphyxier certaines espèces de poissons comme le tilapia. Elle provoque aussi une perte d’eau considérable par évapotranspiration. Elle constitue également une menace pour l’activité des barrages hydroélectriques et les systèmes d’irrigation. Elle complique enfin la navigation et la pêche car filets et moteurs se prennent dans ses racines ; des centaines de pêcheurs auraient abandonné leurs activités.



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Source: Lemonde

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