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Afrique du Sud - Le succès du rugby offre au pays une parenthèse enchantée

Vendredi 08 Novembre 2019

L’Afrique du Sud a fêté le triomphe inattendu de son équipe lors de la coupe du monde de rugby. Mais la joie pourrait être ternie par la plainte pour racisme contre un de ses joueurs.

Pour un pays tenaillé à la fois par des interrogations sur son identité et en proie à un peu de pessimisme quant aux perspectives de son économie, rien ne vaut une belle grosse coupe dorée, le trophée William Webb Ellis, brandie par le capitaine de l’équipe nationale de rugby, de retour au pays après une victoire le 2 novembre, au Japon. Une issue que personne dans le pays n’avait prédite. Le sport national, avant que ne débute la Coupe du monde, semblait être au contraire, en Afrique du Sud, le dézingage en règle des Boks, des Bokkies, autant de diminutifs des Springboks, la formation nationale, qui tire son nom de cette surprenante petite antilope d’Afrique australe capable de faire des bonds géants pour dérouter ses poursuivants.

Les Boks ont aussi, dans le passé, incarné l’Afrique du Sud blanche, mais avec le temps, ce symbole-là devient plus complexe à interpréter. L’équipe est-elle en train de se transformer, du point de vue racial, avec pour preuve de la mutation le fait qu’un capitaine noir, Siya Kolisi, a mené pour la première fois la formation dans une compétition de ce niveau ? Cela se discute, en Afrique du Sud, au moins autant que les qualités de l’équipe. Un responsable de la formation politique Combattants pour la liberté économique, le mouvement de Julius Malema, qui tire en permanence sur la corde raciale, a bien tenté d’imposer une lecture en noir et blanc (dans l’esprit Boks = rugby = sport de blancs), mais ceci paraît soudainement petit, mesquin, à côté de la plaque. Car l’Afrique du Sud n’est pas plus résumable à la somme de ses peurs qu’elle n’est définissable par d’immuables mécanismes raciaux.


Alors du coup, que signifie la proportion de Blancs et de Noirs dans cette équipe ? Une équipe championne du monde qui rentre à la maison, cela offre peu de certitudes, mais beaucoup de légèreté. Les critiques sont oubliées et on verra bien demain pour les questions sérieuses. En attendant, vive les anti-héros du jour ! On oubliera par exemple que la compagnie nationale, South African Airways, est au bord de la banqueroute et n’a pu aller chercher les joueurs au Japon, les obligeant à s’éparpiller mardi 5 novembre dans une série de vols qui les ont fait arriver en ordre dispersé. Ils n’ont pas perdu la Coupe en route, c’est l’essentiel.



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