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Cameroun - Législatives et municipales « dans le calme », faute de votants

Mercredi 12 Février 2020 / Au Cameroun, des législatives et des municipales « dans le calme », faute de votants

Appel au boycottage de l’opposition et menaces des indépendantistes ont eu raison du taux de participation : moins de 25 % des Camerounais se seraient rendus aux urnes.

« La démocratie marche au Cameroun et elle avance à grands pas » a assuré Paul Biya, dimanche 9 février, jour d’élections législatives et municipales. Peu habitué à commenter l’actualité depuis son accession au pouvoir il y a trente-sept ans, le chef de l’Etat camerounais aurait pu ajouter que la démocratie avance à pas de loup, tant les manifestations de cette progression peuvent paraître invisibles, inaudibles, impalpables pour une large partie de ses concitoyens.


« Yaoundé était aussi morte qu’un matin de 1er janvier. Le taux de participation n’avait pas dépassé les 10 % à la mi-journée dans la capitale », note un observateur étranger pour caractériser le degré de désaffection qu’il a pu constater. Les résultats des élections municipales devraient être connus soixante-douze heures après la clôture des bureaux, ceux des législatives d’ici vingt jours, mais aucun suspense n’entoure ces proclamations.

Seul en lice dans de nombreuses localités, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), qui détient aujourd’hui 148 des 180 sièges à l’Assemblée nationale conservera sa position dominante. L’enjeu des élections qui se sont déroulées « dans le calme, l’ordre et la discipline », selon le directeur général de la commission électorale, porte bien davantage sur le niveau de mobilisation des 6,8 millions d’inscrits et sur l’ampleur de la victoire qui sera proclamée. Même si les conclusions que l’on pourra en tirer seront toujours relatives, ces dernières seront un baromètre des tendances qui s’opposent au sein du régime.


« Engouement et enthousiasme »

Face à l’appel au boycottage lancé principalement par le Mouvement de la renaissance du Cameroun (MRC) de l’opposant Maurice Kamto, arrivé second de la présidentielle d’octobre 2018, comme devant la crise qui sévit dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest où les combattants indépendantistes avaient menacé de représailles les éventuels votants, le pouvoir en place à Yaoundé feint jusqu’ici la normalisation. Evoquant « l’engouement et l’enthousiasme » des populations de ces deux régions, qui seraient « sorties massivement pour accomplir leur devoir civique », le ministre de l’administration du territoire, Paul Atanga Nji, a ainsi jugé « évident que les appels au boycottage lancé par les politiciens véreux et les terroristes en perte de vitesse n’ont eu aucun écho auprès des Camerounais ».

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Source: LeMonde

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