Publicité

Sénégal - Dakar : les transactions occultes d’un avocat français

Vendredi 17 Juillet 2020 / Habib Cissé, et Lamine Diack

Habib Cissé, coprévenu de Lamine Diack dans une vaste affaire de corruption dans l’athlétisme, a caché aux juges des opérations immobilières au Sénégal.

La question a des airs d’effet papillon. Des liasses de billets à Moscou ont-elles aidé à financer des appartements à Dakar ? Achevé le 18 juin à Paris, le procès de Lamine Diack, ancien président de la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF), jugé pour corruption, abus de confiance et blanchiment, a laissé quelques interrogations en suspens, avant le jugement fixé au 16 septembre. Dont celle-ci, pourtant centrale : où est passé l’argent dont la justice soupçonne qu’il a été versé à plusieurs prévenus contre la mise sous le tapis de cas de triche dans l’athlétisme russe ?


Seul Gabriel Dollé, l’ancien patron de l’antidopage, a indiqué avoir reçu 190 000 euros en liquide, notamment de Lamine Diack et de son fils Papa Massata, tout en assurant que la plupart de ces billets étaient liés à son départ à la retraite. Pour le reste, l’absence à l’audience du fils Diack, ex-consultant marketing de l’IAAF, et les trous de mémoire de son père à la barre n’ont pas aidé à éclaircir les zones d’ombre de cette vaste affaire de corruption internationale, qui a éclaté en 2015.

Dans cet immense puzzle, Le Monde révèle plusieurs pièces jusqu’alors manquantes. Elles concernent l’un des coprévenus de Lamine Diack, Habib Cissé. Selon nos informations, cet avocat français, ancien conseiller juridique du président de l’IAAF, a versé 200 000 euros en espèces, entre juillet 2012 et février 2013, à Focus immobilier, un promoteur sénégalais, dans l’optique d’acquérir un appartement haut de gamme à Dakar. M. Cissé a par ailleurs voulu offrir un logement à sa mère, toujours dans la capitale sénégalaise, en 2015. Il n’a jamais informé la justice de ces opérations immobilières, ni lors des quatre années d’instruction ni lors du procès.


M. Cissé, avocat de 48 ans, né à Dakar, s’est spécialisé, au début des années 2000, dans le sport et l’arbitrage international. Jugé en juin pour « corruption », il est soupçonné d’avoir participé au ralentissement des sanctions contre des Russes dopés – le parquet a requis trois ans de prison, dont dix-huit mois ferme, à son encontre, ainsi que 100 000 euros d’amende et l’interdiction d’exercer. Lui a simplement reconnu avoir remis en main propre des courriers concernant des athlètes suspectés de triche à Valentin Balakhnichev, alors président de la Fédération russe d’athlétisme.


Les enquêteurs ont vu un conflit d’intérêts dans le fait que l’avocat ait touché environ 150 000 euros, dont 20 000 en espèces, de la part des Russes, en plus de son forfait mensuel d’environ 13 000 euros comme conseiller juridique du président Diack. Mais Habib Cissé a toujours expliqué que cet argent versé par Moscou correspondait à des contrats signés en vue d’améliorer la lutte antidopage en Russie. Des sommes dûment déclarées, a-t-il martelé au cours de l’enquête, contrats à l’appui. Contrairement à Lamine Diack et à son fils, M. Cissé n’a pas été poursuivi pour blanchiment.




...Suite

Publicité

Source:

Publicité

Dans la même catégorie

Suivez nous sur facebook



Publicité

Contacts: Cote d'Ivoire: +22552823232 / Ghana: +233265648476 / Email: contact@africactu.com

Africactu.com © 2016 Tous droits réservés