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Côte d'Ivoire - Présidentielle: à la découverte des candidats

Mardi 15 Septembre 2020 / Côte d'Ivoire - Présidentielle: à la découverte des candidats

Le Conseil Constitutionnel a validé seulement quatre des 44 candidatures déposées à la présidentielle.

Les partis traditionnels de la scène politique ivoirienne auront leurs candidats en lice pour l'élection présidentielle d'octobre avec un seul candidat indépendant.

L'ancien chef d'Etat ivoirien Henri Konan Bédié, 86 ans, a été désigné candidat pour la présidentielle d'octobre du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI).

Le parti est aujourd'hui la principale formation politique d'opposition et tente de fédérer toutes les voix qui s'opposent au régime d'Alassane Ouattara. Au pouvoir de 1993 à 1999, Henri Konan Bédié avait été renversé par un putsch militaire - le premier de l'histoire de la Côte d'Ivoire.

Il s'est exilé en France se faisant oublier sur la scène politique avant de réapparaitre lors des négociations de la crise militaro-politique qui a éclaté en Côte d'Ivoire en septembre 2002. Sa candidature à l'élection présidentielle de 2000 avait été invalidée mais autorisée en 2010, il était arrivé troisième.

Il a appelé à soutenir Alassane Ouattara mais les deux hommes se sont brouillés sur le projet de parti unifié et surtout le choix d'un candidat issu du PDCI en 2020. Alors que ses adversaires critiquent son âge avancé pour prétendre de nouveau à la magistrature suprême, M. Bédié a estimé que "l'âge est un atout".

RHDP : Alassane Ouattara candidat à sa propre succession

Alors qu'il avait clairement laissé entendre depuis plusieurs années qu'il ne ferait pas de troisième mandat, et qu'il avait publiquement passé la main à son Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, représentant à 61 ans la "nouvelle génération" selon lui, M. Ouattara, 78 ans, a finalement "reconsidéré sa position" après le décès subit de ce dernier, invoquant un "cas de force majeure".

Le chef de l'Etat ivoirien Alassane Ouattara a annoncé dans un discours télévisé sur la chaîne publique (RTI) qu'il sera candidat à l'élection présidentielle d'octobre.

"J'ai décidé de répondre favorablement à l'appel de mes concitoyens", a déclaré M. Ouattara estimant que "compte tenu de ma promesse précédente, cette décision représente un véritable sacrifice pour moi".

L'économiste, ancien fonctionnaire du FMI et gouverneur de la BCEAO (Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest) avait décidé de ne pas être candidat à l'élection présidentielle souhaitant "transférer le pouvoir à une jeune génération".

Une décision saluée par plusieurs personnalités politiques au plan internationale dont le président français.

Arrivé au pouvoir en 2011 après la crise post-électorale qui a fait 3000 morts, Alassane Ouattara s'est donné pour mission de réconcilier les ivoiriens et relancer l'économie.

Si ses adversaires politiques et des ONG de la société civile lui en contestent le droit à un troisième mandat - la Constitution ivoirienne n'autorisant que deux mandats - les partisans d'Alassane Ouattara estiment que l'adoption d'une nouvelle Constitution en 2016 a remis les compteurs à zéro pour leur candidat qu'ils appellent affectueusement ADO ou le "Bravetchê".

FPI : Affi N'guessan retenu, Gbagbo écarté

Pascal Affi N'Guessan, 67 ans, et leader de l'une des branches du FPI (Front populaire ivoirien) a vu son dossier de candidature validé pour la présidentielle d'octobre.

Le prince du Moronou qui a été Ministre de l'industrie et du Tourisme de janvier à octobre 2000 puis Premier ministre d'octobre 2000 à mars 2003 est un proche de Laurent Gbagbo.

"Je suis candidat pour gagner et nous allons gagner parce que le RHDP (Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix, le parti au pouvoir) a échoué, est exténué, obligé d'appeler Alassane Dramane Ouattara au secours", a-t-il déclaré, à l'issue d'un congrès extraordinaire d'une branche du Front populaire ivoirien (FPI).

M. Affi N'Guessan est arrivé en deuxième position lors des dernières élections présidentielles avec 9,29% des suffrages. Depuis le transfèrement de Laurent Gbagbo à la CPI en 2011, le FPI s'est scindé en deux factions.

D'un côté, les "rénovateurs" baptisés dans l'opinion publique "Affidés" représentés par Affi N'Guessan, qui participent à la vie politique et qui ont pris le contrôle légal du parti.

De l'autre, les historiques, baptisés les "GOR" ("Gbagbo ou rien") qui ont boycotté depuis lors les scrutins en l'absence de l'ex-président, dont ils ont le soutien.

Cette deuxième tendance au sein du FPI a vu ses espoirs ruinés par le rejet de la candidature de Laurent Gbagbo.

Kouadio Konan Bertin affectueusement appelé KKB sera à 51 ans le seul candidat indépendant à la présidentielle du 31 Octobre 2020.

Après le rejet de sa candidature lors des primaires au sein du Parti démocratique de Côte d'Ivoire - Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA), son dossier pour la présidentielle a été retenu par le Conseil Constitutionnel.

L'ex-député de Port-Bouët (Abidjan-sud) s'est déjà présenté en indépendant à la présidentielle de 2015 contre l'avis de celui qu'il appelle son père : l'ex président ivoirien Henri Konan Bédié.

Le "père" avait alors choisi de se ranger derrière Alassane Ouattara. En 2020 père et fils auront donc le même adversaire.

Né le 26 Décembre 1968 à Lakota dans l'Ouest de la Côte d'Ivoire, KKB est titulaire d'une Maitrise es-lettres en Allemand option communication d'Entreprise.

Il a occupé plusieurs postes dans l'administration publique de Côte d'Ivoire et au sein du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI).


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