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France-Rwanda : « Le rapport Duclert représente une avancée vers la vérité » après le génocide des Tutsi

Lundi 29 Mars 2021 / France-Rwanda : « Le rapport Duclert représente une avancée vers la vérité » après le génocide des Tutsi

Le gouvernement rwandais et des associations de rescapés attendent des actes de la France après la remise du texte à Emmanuel Macron, le 26 mars.

Le rapport de la commission Duclert est arrivé par surprise, en pleine préparation des commémorations du génocide des Tutsi, qui commencent le 7 avril. « C’est un moment où la sensibilité des rescapés est à fleur de peau, confie au Monde Etienne Nsanzimana, président d’Ibuka France, la principale association de rescapés et de victimes. Ce rapport représente une avancée vers la vérité, même si le terme de “complicité” [de la France] est écarté. Maintenant, nous attendons des discours, des actes. »


« Puisque le rapport conclut à un ensemble de responsabilités lourdes et accablantes pour l’Etat français, j’attends des excuses, lâche Jeanne Allaire, membre de l’association. Il y a eu un million de morts et, parmi eux, mon père, ma sœur et trente autres membres de ma famille qui ont été massacrés. »

A Kigali, pas de coup de tonnerre. La classe politique est restée relativement silencieuse ce week-end, tandis que la presse locale s’est contentée d’articles factuels relayant la réaction officielle du gouvernement rwandais. Dans un bref tweet publié vendredi soir 26 mars, celui-ci salue « un pas important vers une compréhension commune du rôle de la France » et annonce la publication prochaine « d’un autre rapport d’enquête, commissionné en 2017 par le gouvernement rwandais et dont les conclusions viendront compléter et enrichir celles de la commission Duclert ».

Jusqu’ici, les autorités se montrent discrètes sur cette nouvelle enquête. Plusieurs sources proches du gouvernement assurent simplement qu’elle devrait « apporter des éléments nouveaux ». En 2008, Kigali avait déjà publié un rapport très controversé sur le rôle de la France dans le génocide : le rapport de la commission Mucyo. Le texte accusait la France d’avoir participé, dès 1992, à la formation des milices Interahamwe et alléguait que ses soldats avaient pris part à des massacres et des viols.

« On ne s’attendait pas à ça »

La conclusion du rapport Duclert ne correspond pas avec les éléments présentés dans le corps du rapport rwandais, selon Jean-Paul Kimonyo, chercheur et ancien conseiller du président, Paul Kagame. « En utilisant le même matériel, on pourrait arriver à une conclusion assez différente. Le rapport adopte une définition très étroite de la notion de complicité. Or, on peut être complice de génocide sans partager l’intention génocidaire », avance-t-il.


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Source: LeMonde

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