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Athlétisme - Anna Legani : il est très important que les fédérations aient un attaché de presse

Jeudi 06 Décembre 2018 / Anna Legani, directrice adjointe de la communication à l'IAAF

Anna Legnani, patronne adjointe de la communication de l' IAAF séjourne à Abidjan du 6 au 8 décembre 2018, dans le cadre de l'AG constitutive du Comité des Médias  pour la promotion de l'Athlétisme en Afrique de l'Ouest (COMPAAO).

Elle va former les journalistes ivoiriens  et des confrères  de la sous région. En prélude à cet atelier de formation, Anna Legnani parle de la presse africaine et des responsables fédéraux dans cet entretien.

Merci Anna d'avoir accepté de former à nouveau les journalistes africains.  Pourquoi avez vous pris cette initiative?

C'est une initiative qui a commencé il y a 22 ans. On avait fait des centres régionaux de développement et organisé  aussi des séminaires pour les journalistes.  Il y avait donc un bon petit groupe de journalistes  francophones originaires de l'Afrique de l'Ouest principalement et de l'Afrique du Nord  qui étaient réunis à Dakar à 3 ou 4 mois des Championnats d'Afrique  au Cameroun. J'ai demandé aux journalistes présents combien allaient couvrir ces Championnats d'Afrique.  A ma grande surprise,  un seul a levé la main. C'était le journaliste Camerounais parce qu'il allait être l'attaché de presse des Championnats. J'ai donc dit au président de la Confédération Africaine d'Athlétisme de faire quelque chose pour les amener aux Championnats d'Afrique pour qu' ils puissent assister à la plus importante des compétitions continentales  pour qu'ils puissent continuer l'apprentissage sur le terrain. C'est comme ça qu'est né le Media Developpment Programme  ( MDP).  On a fait énormément de projets en Afrique.  Je préfère les faire à l'occasion des compétitions tels les Championnats d'Afrique ou les Jeux africains, mais c'est  un peu plus compliqué lors des Jeux Africains  car les journalistes doivent couvrir plus de compétitions.  On a beaucoup  travaillé sur le continent.  Ce qui nous a permis de faire la différence entre  l'accès médiatique  de nos jours et celui du passé.  Le journalisme sportif a énormément progressé sur le continent.  Il y beaucoup de journalistes qui suivent les évènements sportifs. L'Afrique a un tel talent et ce qui est dommage, c'est que les journalistes ne puissent pas voyager comme il y a 20 ans pour couvrir les grandes compétitions et parler des athlètes.

Quel est l'objectif de la formation cette année?

L'objectif général de cette formation, c'est d'améliorer le niveau des journalistes et de favoriser les échanges parce que c'est très important qu'en tant que membre de la communication, ils puissent rester en contact pour échanger les expériences et s'entraider. Cette année,  On a fait 3 projets de ce genre.  Je viens directement de la Colombie où on a fait un programme similaire lors des Jeux  Amérique Centrale et Caraïbes,  ensuite les Championnats d'Afrique  et j 'ai le budget d'un troisième projet qui va se tenir en Amérique du Sud.

Lord Sebastian Newbold Coe, parle de projets de développement concernant la jeunesse en Afrique Qu'en est il exactement?

Avant on avait un très gros budget pour le projet de développement en Afrique. Maintenant la responsabilité a été transférée aux associations continentales.  Ce n'est plus  l'IAAF qui détermine les projets de développement, cela est du ressort des associations continentales.

Quelle est l'importance des Réseaux sociaux dans les cellules de communication?

C'est très important.  Les médias traditionnels restent les piliers, ils ont une bonne audience, une grande respectabilité  parce qu' une information publiée dans un quotidien  a été vérifiée  contrairement aux réseaux sociaux qui font parfois dans le sensationnel.  Il y a des infos qui se propagent très vite mais elles ne sont pas correctes, elles ne sont pas vérifiées.  C'est un peu dangereux sur ce plan là.  Par ailleurs, c'est surtout pour engager des personnes différentes. Les fans des athlètes les suivent sur les médias traditionnels.   Pour engager les jeunes générations,  les réseaux sociaux marchent très bien. Ça leur permet de devenir des passionnés et d'aller plus en profondeur  dans les médias traditionnels.  Les athlètes utilisent beaucoup les réseaux sociaux.  Maintenant c'est incontournable.  Avant les athlètes donnaient de temps en temps des conférences de presse, maintenant ils s'expriment à travers les réseaux sociaux.  Pour avoir les actualités relatives aux athlètes,  il est important de les suivre sur les réseaux sociaux.  Avant les résultats des athlètes n'étaient pas connus maintenant ce sont les athlètes eux mêmes  qui communiquent  leurs résultats sur

les Réseaux sociaux.  C'est important.  Ça permet d'avoir plus d' informations. De plus, avec les réseaux sociaux,  il y a la rapidité, mais il faut toujours vérifier la véracité des faits.

Quel est votre message à l'endroit des responsables fédéraux qui négligent la communication?

C'est très très important.  Il est vrai que pour avoir un responsable de la communication dans une fédération,  Il faut un minimum de moyens. Les gens ne vont pas travailler longtemps pour une fédération s'il n'y a pas un minimum de moyens financiers.  Il est très très important que les fédérations se rendent compte de l'importance d'avoir un bon professionnel dans ce rôle parce c'est comme ça que peut se faire la promotion de leur discipline.  Comme coach Antony l'a dit lors des discussions,  il est très important que les fédérations elles mêmes se rendent compte de la nécessité d'avoir un attaché  de presse qui suit l'équipe  lors des grandes compétitions,  qui peut donner les informations, les envoyer en toute impartialité à tous les médias au pays  afin de permettre une large diffusion et donc une très grande promotion de l'athlétisme.  S'il n’y a pas quelqu'un de la fédération,  les résultats arriveront à travers les agences mais il n'y aura pas les interviews des athlètes.  Il n'y aura donc pas ce regard spécifique de votre pays sur vos athlètes.  Au niveau de la Fédération Internationale,  On fait la promotion des athlètes de tous les continents mais on ne va pas le faire de la même  manière qu'un journaliste africain.  Il est très important que les fédérations amènent toujours soit un attaché de presse soit un journaliste qui va travailler pour la fédération  lors  des compétitions pour avoir ce regard africain.  Il faut transmettre les informations avec une voix africaine.

Eugenie Agoh





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