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CAN 2019 : Mea culpa, démissions et larmes de tout un peuple, après l’élimination de l’Egypte

Dimanche 07 Juillet 2019 / L'Égyptien Mohamed Salah en larmes après l'élimination prématurée de la CAN 2019, face à l'Afrique du Sud. REUTERS/Amr Abdallah Dalsh

Au lendemain du coup de tonnerre, la presse et les supporteurs sont très sévères avec Mo Salah et ses partenaires.

Au coup de sifflet final, la vie s’est arrêtée. En une seconde, les cris, les chants, les danses, qui avaient commencé sous un soleil de plomb en début d’après-midi, ont brutalement cessé. Dans la nuit bouillante, une chape de silence s’est abattue sur le stade du Caire et ses 77 000 supporteurs pétrifiés. Il était 22 h 52, et l’Egypte venait de perdre sa Coupe d’Afrique. Sa Coupe !

Moins de dix minutes plus tôt, sur une contre-attaque parfaitement menée, Thembinkosi Lorch trompait le gardien égyptien Mohamed El Shenawy. Mais ils étaient où les « pharaons » ? Ces joueurs qui avaient suscité les espoirs de tout un peuple en enchaînant trois victoires sans encaisser de but lors des phases de poule ?

Insultes et quolibets

Dans le silence de la nuit, certains se sont pris le visage entre les mains ; d’autres se sont effondrés à terre. Mo Salah, héros national, a traversé le terrain la tête basse et s’est engouffré dans les vestiaires sous les insultes et les quolibets.

Il a été transparent pendant ce match. Lui, l’homme admiré pour son humilité et sa générosité a t-il fait preuve de trop de suffisance face aux Sud-Africains ? Après deux défaites au premier tour, les Bafana Bafana, qui affronteront le Nigeria en quart de finale, faisaient figure de miraculés en se qualifiant en 8e de finale au bénéfice d’une place de meilleur troisième. « Mo Salah n’était vraiment pas au mieux de sa forme, déplore Ahmed Hesham, un supporteur égyptien à la sortie du stade. Avec Liverpool, il brille et il gagne la Ligue des Champions. Mais avec l’équipe égyptienne, on dirait qu’il a peur de se blesser. Ma déception est immense, il me faudra du temps pour m’en remettre. » Omar Addin, un Cairote d’une trentaine d’années, rappelle qu’il « n’était pas prévu de quitter la compétition aussi rapidement ». Et d’ajouter, encore incrédule, « je ne comprends pas ce qui s’est passé. Ce que je sais, c’est que les Egyptiens n’ont plus d’espoir, qu’ils n’ont plus rien à quoi se raccrocher. La prochaine grande compétition est dans trois ans, il va falloir être très patient. »

Le séisme a fortement ébranlé la Fédération égyptienne de football. Hani Abou Rida, président de la EFA, a présenté sa démission et limogé toute l’équipe technique de la sélection nationale « une obligation morale », selon un communiqué « après avoir déçu les Egyptiens ». Le sélectionneur mexicain Javier Aguirre avait fait son mea culpa quelques heures auparavant, se disant « responsable du résultat » au terme « d’une nuit triste ».

Au lendemain de la défaite, la presse égyptienne n’était pas tendre avec l’équipe des Pharaons. « Vous nous avez fait honte ! », s’emporte le quotidien étatique Al-Akhbar, qui dénonce « les absurdités » du sélectionneur et « l’incapacité des joueurs », avec une photo de la star Mohamed Salah au bord des larmes. « Le sélectionneur Javier Aguirre doit être considéré comme le premier responsable de cette sortie humiliante », selon le grand quotidien gouvernemental Al-Ahram, qui déplore la sélection de joueurs n’ayant pas le niveau international.

Pour le journal égyptien Al-Wafd, organe du parti politique du même nom, proche du gouvernement, la chute de l’Egypte « est un désastre qui devait arriver à un moment donné », estimant que ni les joueurs ni l’équipe technique des Pharaons n’étaient au niveau pour un couronnement lors de cette édition de la CAN. Le journaliste Amir Farag rappelle que les trois victoires des Pharaons en phase de qualification étaient plus que décevantes.

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