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Tourisme : l’Afrique à nouveau sur les starting-blocks

Mardi 01 Juin 2021 / Tourisme : l’Afrique à nouveau sur les starting-blocks

Alors que se conjuguent déconfinement et campagnes de vaccination, l’Afrique joue la carte de la rigueur dans l’ouverture.

C'est peu dire que le tourisme africain a été sonné par le Covid-19. Aussi, la question posée est de savoir quelles destinations offrent aujourd'hui le meilleur compromis conditions d'accès, détente et sécurité sanitaire. Cela dit, il y a lieu d'enregistrer que l'Afrique est véritablement décidée à jouer de tous ses atouts pour limiter le risque sanitaire et se relancer. Disons-le tout net : l'heure est à l'ouverture, même si celle-ci est strictement encadrée. Il faut dire que d'avoir échappé à l'hécatombe qui lui était promise a donné à l'Afrique un moral suffisamment vigoureux pour essayer de transformer les mois à venir en période à succès sur le plan économique. Les pays du continent sont actuellement engagés dans une course ardue contre la montre. Pourquoi y croient-ils ? Il y a qu'avant l'apparition du nouveau coronavirus, l'Afrique s'était positionnée, avec 67 millions de visiteurs en 2019, comme la deuxième région de croissance du monde pour le secteur touristique. Selon les Nations unies, l'industrie du tourisme dans son ensemble – restauration, hébergement, loisirs, parcs – emploie plus de 24,6 millions de personnes sur le continent. Ils sont près d'un million de personnes à travailler dans ce secteur, que ce soit au Nigeria, en Éthiopie, au Kenya, en Tanzanie ou en Afrique du Sud. Et le secteur rapporte jusqu'à 169 milliards de dollars à l'économie africaine, soit 7,1 % du PIB du continent.

Le tourisme plus fort que les matières premières ?

Le tourisme rapporte plus que les ventes de café en Ouganda. En Éthiopie, les recettes touristiques représentent près de la moitié des exportations totales. Cyril Ramaphosa, le président sud-africain, a même qualifié le tourisme de « nouvel or noir » pour son pays, la destination phare en Afrique avec son littoral à couper le souffle, ses villes animées, et, bien sûr, les Big Five. La crise liée au coronavirus a tout bouleversé. Selon les estimations de l'Organisation mondiale du tourisme, l'Afrique a enregistré une baisse de 75 % du nombre de touristes internationaux. Mais l'optimisme est de rigueur dans les instances du tourisme panafricain.

Bien s'enquérir des conditions d'entrée

Plus concrètement, si vous choisissez d'aller en Afrique cet été, gardez en tête que les pays peuvent changer leurs règles à tout moment. Excepté l'île Maurice et le Maroc qui sont encore hermétiquement fermés et préparent dans la concertation la réouverture, tous les autres pays sont ouverts avec des conditions qui varient de la présentation d'un simple test PCR négatif à l'isolement obligatoire, sans oublier aussi les mesures locales.

Afrique du Sud : une ouverture très surveillée

Preuve qu'il faut rester vigilant jusqu'au départ, l'Afrique du Sud, qui a rouvert ses frontières le 1er octobre 2020, a annoncé dimanche 30 mai un retour à des mesures plus strictes contre le Covid-19 alors que le pays est sous la menace imminente d'une troisième vague de la pandémie. Le pays le plus industrialisé d'Afrique est officiellement le pays le plus touché du continent, avec 1,65 million de cas recensés pour 56 363 décès. Depuis le 31 mai, le couvre-feu imposé jusqu'ici entre minuit et 4 heures commence à 23 heures. Les commerces non essentiels, incluant les bars, restaurants et salles de sport, doivent fermer dès 22 heures. Il est interdit d'y acheter de l'alcool (il faut l'avoir en tête si vous y allez dans l'optique de faire la fête). Le cas sud-africain illustre parfaitement la complexité de faire revenir les touristes internationaux rapidement.

Égypte : les bouchées doubles avec la vaccination

Pour l'Égypte, l'une des destinations préférées des Français, un résultat négatif au test PCR Covid-19 au plus tard 72 heures avant le départ est exigé. Le pays est très attentif sur ce point du fait qu'il a rencontré un nombre élevé de faux tests anti-Covid. Le tourisme égyptien a été lourdement affecté par l'instabilité politique qui a suivi la révolution de 2011, avant de connaître un rebond ces dernières années, engrangeant quelque 13 milliards de dollars de revenus en 2019. Mais comme partout ailleurs, le secteur, qui représentait 5 % du PIB égyptien, a été plombé par la pandémie, n'engrangeant que 4 milliards de dollars en 2020, contre les 16 milliards escomptés.

Depuis quelques mois, la situation évolue favorablement pour le pays qui s'impose comme une destination prisée même en pleine pandémie. Le pays a accueilli 500 000 touristes en avril 2021, soit plus du double qu'en janvier et bien plus que les 200 000 visiteurs enregistrés chaque mois au second semestre de l'année dernière, a indiqué le ministre du Tourisme et des Antiquités, Khaled el-Anani. Pour se relever plus vite, l'Égypte mise sur la vaccination contre le Covid-19, notamment des employés du tourisme, industrie essentielle pour l'économie égyptienne. Au total, deux millions de personnes travaillent dans le secteur du tourisme en Égypte.

L'Egypte déploie tous ses charmes pour renouer avec un tourisme digne de ce nom.

Le gouvernement veut miser sur le sud du Sinaï et sur la mer Rouge, des destinations qui regorgent de stations balnéaires et accueillent 65 % des touristes dans le pays. D'autres régions seront privilégiées, comme Louxor, Assouan ou la capitale Le Caire, où se trouvent les plus importants musées du pays ainsi que les célèbres pyramides de Guizeh. Le pays a fermé ses frontières en mars 2020 avant de les rouvrir en juillet pour les voyageurs se rendant dans certaines stations balnéaires relativement épargnées par la pandémie, une ouverture ensuite étendue à d'autres régions comme Louxor et Assouan. Selon les autorités, environ un million de doses de vaccin ont été administrées dans le pays de plus de 100 millions d'habitants, qui a officiellement enregistré depuis le début de la pandémie plus de 245 000 cas de Covid-19, dont plus de 14 000 décès.

Le Cap-Vert accuse le coup mais ne lâche rien

Réputé pour ses côtes bercées par l'Atlantique et ses montagnes d'origine volcanique, le Cap-Vert compte beaucoup sur le tourisme, qui représente 25 % de son PIB. Si les conséquences sanitaires de la pandémie ont été relativement contenues (le pays a enregistré 19 780 cas de contamination et 188 décès), l'annulation des vols internationaux a mis à terre le secteur. Après des années de croissance (5,7 % en 2019 et 4,5 % en 2018), l'ancienne colonie portugaise, citée en exemple pour son dynamisme, a accusé en 2020 une récession historique de 14,8 %. La majorité des hôtels ont fermé et les touristes ont disparu. Beaucoup de Capverdiens ont perdu leur travail. En 2019, l'archipel a accueilli près de 800 000 touristes, dont 80 000 sur l'île de Santiago, des Européens pour la plupart, faisant plus que doubler la population du Cap-Vert (550 000 habitants). Avec la quatrième vague de coronavirus en Europe, les touristes ne sont pas encore revenus, même si le pays guette la fenêtre pour repartir.

Afrique de l'Ouest : la carte de l'ouverture conditionnée

À l'ouest du continent, la majorité des pays sont ouverts aux touristes. Cela dit, rien n'est encore réglé en raison du fait que le tourisme en Afrique de l'Ouest est très dépendant de pays émetteurs du nord pas encore sortis d'affaire quant au Covid. Du Sénégal au Ghana, en passant par le Bénin ou encore la Côte d'Ivoire, les frontières sont ouvertes aux touristes internationaux depuis juillet dernier, sous condition de présenter un test PCR négatif à l'embarquement.

Certains d'entre eux comme le Ghana, le Bénin ou le Togo exigent des visiteurs qu'ils se soumettent à un nouveau test PCR à leur descente d'avion. Les passeports sont conservés le temps de la publication des résultats, qui est en général rapide (de 24 à 72 heures). Pour une meilleure harmonisation entre les pays, l'Afrique de l'Ouest a fait un pas dans ce sens avec une décision de la Cedeao de fixer le prix du test PCR à 25 000 francs CFA, contre des prix qui allaient de 25 000 à 100 000 francs CFA.

Afrique de l'Est et australe : parcours précautionneux

Il en est de même dans certains pays à l'est du continent africain comme l'Éthiopie. Ce joyau culturel est-africain est ouvert aux voyageurs internationaux arrivant par avion à condition de présenter un résultat négatif d'un test Covid-19 PCR effectué au plus tard 72 heures avant le départ. Les passagers qui arrivent doivent alors passer un deuxième test qui coûte 150 dollars. Un coût qui peut représenter un vrai frein pour de nombreux voyageurs. C'est pourquoi l'Afrique de l'Est, à l'instar de celle de l'Ouest, va dans le sens d'une stratégie de reprise intégrant une meilleure harmonisation des coûts de dépistage sur place à travers une approche sous-régionale.

Destination touristique, le Kenya se prépare à jouer de ses nombreux atouts pour refaire la différence.

Plus au sud du continent, région fameuse par la présence des chutes Victoria et d'une faune riche, la Zambie permet à tous les voyageurs internationaux d'entrer avec un résultat négatif au test Covid-19 effectué au moins 14 jours avant l'arrivée. Il y a également une quarantaine obligatoire de 14 jours. C'est plus rapide au Rwanda, par exemple, où les visiteurs doivent présenter un résultat négatif et également passer un deuxième test à leur arrivée, s'isoler dans un hôtel afin de recevoir leurs résultats dans la journée. Les parcs nationaux sont ouverts, y compris ceux abritant les primates et autres gorilles. Pour y entrer, un résultat négatif est exigé d'un test datant de moins de 72 heures.

Non loin, prisée pour ses safaris et ses plages, la Tanzanie est ouverte aux touristes sur présentation d'un simple test négatif au Covid-19. Ce pays permet aux voyageurs de le faire sur place à leur arrivée. Une manière d'aménager des facilités en faveur des touristes devenus une véritable manne depuis qu'en 2012 le secteur a été véritablement pris en mains. Problème actuellement : les cas de contamination sont repartis de plus belle à Zanzibar.

L'Afrique se remettra plus tard que les autres destinations

Selon l'OMT, il faudra au moins 10 mois à l'industrie mondiale du tourisme pour se remettre des effets du coronavirus. Un peu plus pour l'Afrique. Pour Elcia Grandcourt, directrice du département Afrique de l'Organisation mondiale du tourisme, il ne fait aucun doute que le tourisme africain se remettra de la crise. « Pour rebondir, l'Afrique doit s'ouvrir à de nouveaux marchés encore trop peu exploités, comme la classe moyenne africaine, les diasporas ou, encore, les pays émergents comme l'Asie. Vu que la tendance actuelle des voyageurs est de se rapprocher de la nature, frustrés qu'ils ont été par de longs mois d'enfermement dans les appartements des grandes villes, l'Afrique a une belle carte à jouer. Elle a de grands espaces et bien d'autres atouts encore. Assurément, le meilleur est à venir.


Lepoint



Source: Lepoint

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