Le Mali et le Burkina Faso ont décidé de restreindre l’entrée des citoyens américains, en réaction aux mesures de restrictions de visas prises par Washington. Ces mesures américaines interdisent désormais l’octroi de visas à certains ressortissants africains et du Moyen-Orient. Les autorités maliennes et burkinabè ont choisi de répondre par réciprocité, dénonçant une décision qu’elles jugent injuste et discriminatoire.
Une réponse par réciprocité face aux restrictions américaines
Le 16 décembre 2025, l’administration américaine a élargi sa liste des nationalités interdites de visa. Elle y a inclus le Burkina Faso, le Mali, le Niger, le Soudan du Sud, le Laos, la Syrie, la Sierra Leone ainsi que les ressortissants palestiniens. Washington justifie cette décision par la protection de la sécurité nationale.
Face à cette situation, le Burkina Faso a publié un communiqué. Le ministère des Affaires étrangères a annoncé : « En application du principe de réciprocité, le gouvernement applique aux ressortissants des États-Unis des mesures équivalentes en matière de visas ».
De son côté, le gouvernement malien a déclaré : « Nous appliquons, avec effet immédiat, aux ressortissants américains, les mêmes conditions et exigences que celles imposées aux citoyens maliens ». Bamako a regretté l’absence de concertation préalable sur cette décision.
Implications politiques et diplomatiques
Ces mesures interviennent dans un contexte politique complexe. Le Mali et le Burkina Faso sont dirigés par des juntes militaires. Ils défendent une politique souverainiste et refusent tout traitement inéquitable pour leurs citoyens. Ces pays restent néanmoins des alliés des États-Unis sur certains dossiers sécuritaires et économiques.
Il y a une semaine, le Niger a déjà appliqué des mesures similaires de réciprocité. La restriction américaine prévoit toutefois des exceptions. Les résidents permanents légaux, les détenteurs de visas existants, certaines catégories de visas diplomatiques et les personnes dont l’entrée sert les intérêts nationaux américains ne sont pas concernés.
Pour le Burkina Faso et le Mali, cette mesure vise à protéger leur souveraineté et à affirmer leur cadre légal et diplomatique. Le ministre burkinabè des Affaires étrangères a qualifié la politique américaine « d’indécente ». Les prochaines semaines permettront de mesurer l’impact concret sur les déplacements et sur les relations bilatérales.