C’est un moment fort de diplomatie parlementaire que Porto-Novo a vécu le vendredi 31 octobre 2025. À l’occasion de l’ouverture de la deuxième session ordinaire de l’Assemblée nationale béninoise, le président du Parlement sénégalais, El Malick Ndiaye, était l’invité d’honneur d’une cérémonie marquée par des symboles, des hommages et une vision panafricaine affirmée. Face au président Louis Gbèhounou Vlavonou, aux députés béninois et aux invités officiels réunis au Palais des Gouverneurs, il a livré un discours inspirant, empreint d’histoire, d’engagement et d’espoir pour l’avenir des relations interparlementaires entre le Sénégal et le Bénin.
Un discours fraternel, historique et profondément panafricain
Dans un cérémonial solennel, El Malick Ndiaye a d’abord transmis les salutations du président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, de son Premier ministre Ousmane Sonko et du peuple sénégalais tout entier. Une manière d’affirmer, dès les premiers mots, que cette rencontre dépasse les personnalités politiques pour s’inscrire dans une relation d’État à État, de peuple à peuple.
« Prendre la parole dans un haut lieu de la démocratie béninoise est un privilège solennel, une marque d’estime et de confiance que j’accueille avec gratitude et humilité ». Ces mots ont fixé le ton d’un discours dans lequel le président du Parlement sénégalais a rappelé l’histoire commune qui lie les deux pays : la traite négrière, les luttes d’indépendance, l’engagement panafricain, mais aussi leur rôle de cofondateurs de la CEDEAO et de l’UEMOA.
Pour El Malick Ndiaye, le Sénégal et le Bénin sont porteurs d’une même aspiration : une Afrique de l’Ouest souveraine, démocratique, solidaire et prospère. Une vision nourrie par les jeunesses des deux pays, qui partagent « la même espérance, celle d’un avenir africain bâti par et pour les Africains ». Un appel clair à une coopération renouvelée, non seulement diplomatique, mais aussi politique, culturelle et institutionnelle.
La diplomatie parlementaire, nouveau pilier du rapprochement sénégalo-béninois
L’un des messages les plus marquants du discours d’El Malick Ndiaye a porté sur la nécessité de renforcer la diplomatie parlementaire. Pour lui, il s’agit d’une forme de diplomatie « du cœur et de la parole », qui dépasse les accords officiels pour rapprocher les peuples par la confiance, la transparence et la construction d’un avenir législatif commun. « Il est temps d’écrire un nouveau chapitre de notre coopération : celui de la diplomatie parlementaire ». Pour concrétiser cette vision, il a proposé la création d’un cadre permanent de coopération entre les deux Assemblées nationales, structuré autour de quatre axes majeurs : la sécurité et la stabilité régionale ; l’éducation et la formation ; le numérique et l’innovation ; la gouvernance et la participation citoyenne.
El Malick Ndiaye a également souhaité encourager les échanges de personnel parlementaire, la formation commune, ainsi que le développement de projets de digitalisation et de transparence démocratique. Selon lui, un Parlement africain moderne doit être plus qu’un organe de contrôle des gouvernements : il doit devenir un acteur actif de transformation sociale, à l’image de l’arbre à palabres, lieu ancestral où se rencontrent parole, écoute et sagesse collective. Cette visite, conclut-il, marque « le début d’une nouvelle ère interparlementaire, faite de confiance, de solidarité et d’innovations ». Elle ouvre la voie à un modèle de coopération institutionnelle qui pourrait inspirer d’autres pays de la sous-région.