L’arrestation de Paul-Henri Sandaogo Damiba au Togo ouvre un nouveau chapitre dans la crise politique burkinabè. Ancien président de la transition, renversé en 2022, l’ex-lieutenant-colonel vivait en exil à Lomé. Les autorités de Ouagadougou l’accusent d’être le cerveau de plusieurs tentatives de putsch. Cette affaire survient dans un contexte régional marqué par une forte instabilité sécuritaire.
Damiba arrêté au Togo : que s’est-il réellement passé ?
Les autorités ont agi dans la plus grande discrétion. Plusieurs sources concordantes confirment cependant une arrestation suivie d’une expulsion rapide.
Une arrestation discrète à Lomé
Les forces de sécurité togolaises ont interpellé Damiba arrêté au Togo à Lomé, où il résidait depuis sa chute du pouvoir. Des sources proches du dossier indiquent que l’opération a eu lieu la semaine dernière. Les autorités n’ont publié aucun communiqué officiel. Cette retenue s’explique par la sensibilité politique et sécuritaire du dossier.
Les services compétents ont brièvement entendu l’ancien chef de la transition. Ils l’ont interrogé pour tentative de déstabilisation visant le Burkina Faso. Cette qualification montre le niveau de gravité accordé à l’affaire. Elle illustre aussi la coopération croissante entre États ouest-africains face aux menaces de coups d’État et aux réseaux militaires clandestins.
Une expulsion aux conséquences encore floues
Après son audition, les autorités ont conduit Paul-Henri Sandaogo Damiba à l’aéroport, selon plusieurs sources sécuritaires. Elles n’ont pas communiqué sur sa destination finale. Plusieurs interlocuteurs évoquent toutefois une expulsion probable vers le Burkina Faso. Ni Lomé ni Ouagadougou n’ont confirmé cette information.
Cette expulsion envoie un signal politique fort dans la sous-région. Elle montre la volonté de certains États de ne plus offrir de refuge aux figures accusées de déstabilisation. Le silence officiel entretient cependant le flou. Il alimente les interrogations sur les modalités exactes de la procédure et sur le sort immédiat réservé à l’ex-putschiste.
Damiba arrêté au Togo, un dossier explosif pour Ouagadougou
Un éventuel retour de Damiba au Burkina Faso pose de lourds enjeux politiques et judiciaires. L’affaire s’inscrit dans un climat de fortes tensions au sommet de l’État. Elle ravive aussi les divisions internes au sein de l’armée.
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Les accusations de tentatives de putsch
Les autorités de transition affirment que Damiba a participé à plusieurs tentatives de putsch. Elles citent notamment un projet récent, déjoué au début du mois. Ces accusations apparaissent dans un contexte de méfiance extrême au sein des forces armées. Les luttes de pouvoir fragilisent l’institution depuis 2022.
Pour la junte, neutraliser les anciens dirigeants soupçonnés de complot reste une priorité. Le pouvoir présente cette ligne dure comme indispensable à la stabilité nationale. Certains soutiens de Damiba dénoncent au contraire une instrumentalisation politique. Ils estiment que ces poursuites servent à renforcer l’autorité du régime actuel.
Le rôle clé d’Ibrahim Traoré et les enjeux judiciaires
Le capitaine Ibrahim Traoré, au pouvoir depuis septembre 2022, a affiché une position ferme. Fin 2024, il avait déclaré espérer l’extradition de Damiba. L’arrestation au Togo s’inscrit donc dans la stratégie assumée du pouvoir de transition.
L’affaire prend une dimension plus sensible encore avec le rétablissement récent de la peine de mort au Burkina Faso. Les autorités l’appliquent désormais aux crimes de haute trahison. Si Damiba est remis à Ouagadougou, son dossier pourrait devenir emblématique. Il sera observé de près par l’opinion publique et par les acteurs politiques de la région.