La Russie a exhorté les acteurs ouest-africains à renforcer le dialogue entre la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest et la Confédération des États du Sahel. Moscou estime qu’un rapprochement entre les deux blocs apparaît indispensable pour répondre aux défis sécuritaires communs dans la région. Cet appel intervient dans un contexte de fortes tensions politiques, mais aussi de menaces transfrontalières persistantes.
Moscou plaide pour une coopération pragmatique entre les deux blocs
La position russe s’est exprimée en marge de la deuxième Conférence ministérielle du Forum de partenariat Russie-Afrique, tenue au Caire. Lors de cette rencontre, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a échangé avec le président de la Commission de la CEDEAO, Omar Alieu Touray. À cette occasion, Moscou a encouragé la poursuite d’un « dialogue pragmatique et mutuellement bénéfique » entre la Cédéao et l’AES.
Selon la diplomatie russe, les défis sécuritaires dépassent largement les clivages politiques actuels. La lutte contre le terrorisme et l’aggravation de l’insécurité dans l’espace sahélo-saharien exigent, selon Moscou, des réponses concertées. Dans cette logique, la Russie appelle à identifier des mécanismes communs capables de contenir la violence armée et de stabiliser durablement la région.
Par ailleurs, cette prise de position reflète l’implication croissante de Moscou en Afrique de l’Ouest. La Russie figure désormais parmi les principaux partenaires internationaux des pays de l’AES. Ce rapprochement s’est accéléré après les ruptures diplomatiques intervenues à la suite des coups d’État au Mali, au Burkina Faso et au Niger. Depuis, ces États ont dénoncé plusieurs accords de défense avec la France et renforcé leur coopération avec Moscou.
Des signaux d’ouverture au sein de la CEDEAO malgré les tensions
L’appel russe intervient alors que les relations entre la CEDEAO et l’AES restent marquées par des désaccords politiques. La création de la Confédération des États du Sahel par le Mali, le Burkina Faso et le Niger, après leur retrait de la CEDEAO, a profondément modifié les équilibres régionaux. Toutefois, les menaces sécuritaires transfrontalières continuent de peser sur l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest.
Dans ce contexte, certaines décisions récentes de la CEDEAO traduisent une volonté de préserver des passerelles de coopération. Le dimanche 14 décembre, la Conférence des chefs d’État et de gouvernement a admis les trois pays sahéliens comme membres non-CEDEAO du Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest. Cette décision repose sur l’engagement politique de ces États à respecter les normes régionales contre le blanchiment et le financement du terrorisme.
De plus, l’organisation ouest-africaine a validé la poursuite de la participation du Mali, du Burkina Faso et du Niger au sein de la Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO. Ce maintien, sous statut de pays non régionaux, vise à garantir la continuité des projets de développement et des opérations financières en cours.