Une jeune femme populaire sur TikTok a été tuée en public dans le nord du Mali. Les djihadistes l’ont accusée de collaborer avec l’armée. Ce drame interroge. Qui était Mariam Cissé ? Pourquoi l’avoir prise pour cible ? Que révèle cette exécution sur la situation du pays ?
Une tiktokeuse suivie, arrêtée puis fusillée
Mariam Cissé vivait à Tonka, près de Tombouctou. Elle avait une vingtaine d’années. Sur TikTok, elle partageait des vidéos simples, tournées dans son village. Elle apparaissait parfois en treillis militaire. Sa communauté dépassait les 95 000 abonnés avant sa mort. Ce chiffre a continué de grimper depuis.
Le 6 novembre 2025, alors qu’elle se filmait en direct sur un marché, des hommes armés à moto l’ont arrêtée. Ils appartenaient au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, une branche d’Al-Qaïda active dans la région. Le lendemain, à la tombée de la nuit, ils l’ont exécutée en public à Tonka. Des témoins ont assisté à la scène, dont son frère.
Les assaillants l’accusaient de collaborer avec l’armée malienne. Aucun élément ne confirme cette accusation. Sa simple visibilité en ligne semble avoir suffi.
Une violence ciblée contre la liberté d’expression
Mariam ne portait pas de discours politique. Elle ne revendiquait aucun engagement. Pourtant, son activité sur les réseaux sociaux a été perçue comme un acte dangereux. Dans les zones contrôlées par les djihadistes, toute parole publique peut être surveillée, détournée ou punie.
Cette exécution publique envoie un message clair. S’exprimer, même de manière anodine, devient risqué. Les djihadistes cherchent à contrôler l’image et la parole. Les réseaux sociaux, autrefois espace de liberté, deviennent un terrain de conflit.
Une alerte pour les civils et les diplomaties
Le GSIM étend son influence sur une large partie du territoire malien. Ce groupe impose ses règles et agit par la peur. Il bloque aussi les convois de carburant pour faire pression sur le gouvernement. La situation se dégrade. Le 7 novembre, la France a demandé à ses ressortissants de quitter le pays.
Le cas de Mariam Cissé révèle une réalité inquiétante. Les jeunes femmes, les créateurs de contenu et les civils engagés dans l’espace public paient un prix de plus en plus lourd. Ce drame illustre le recul de la liberté et l’extension de la menace.