Procès des ‘’Bongo’’ au Gabon : Nourredin Bongo crie à l’injustice depuis l’étranger

novembre 11, 2025

Le procès de Nourredin Bongo Valentin et de sa mère, Sylvia Bongo, s’est ouvert lundi au Palais de justice de Libreville, dans le cadre de la session criminelle spécialisée de l’année judiciaire 2024-2025. Poursuivis pour détournement de fonds publics et enrichissement illicite, les deux membres de l’ex-famille présidentielle sont jugés par contumace, étant tous deux à l’étranger. Depuis son lieu d’exil, Nourredin Bongo a vivement réagi sur les réseaux sociaux, dénonçant une procédure politique et injuste.

« Quelle mascarade ! » : la réaction de Nourredin Bongo

Sur le réseau social X, Nourredin Bongo Valentin a fustigé la tenue du procès en son absence, affirmant être victime d’un simulacre judiciaire. « Je n’ai jamais perçu de bonus pétroliers. Que l’on me montre dans quel compte ? Quelle ligne ? Combien ? Vous me jugez par contumace : ni les témoins ni les avocats ne sont entendus, quelle mascarade ! », a-t-il écrit dans un message virulent.

L’ancien coordinateur général des affaires présidentielles a également évoqué les conditions de sa détention avant son départ du Gabon, accusant les autorités de l’avoir torturé : « Lorsqu’on vous torture, vous donnez tout. Mais pour eux, ce n’était pas assez, donc ils ont continué à me torturer pour cela ». Ces déclarations interviennent alors que le tribunal criminel spécial, présidé par Jean Maixent Essa Assoumou, a ouvert les audiences en présence du procureur général Dr Eddy Minang. Sur les douze accusés appelés à comparaître, seuls neuf étaient présents à la barre. Outre Nourredin et Sylvia Bongo, Mohamed Aliou Saliou était absent pour raisons médicales.

Un procès emblématique de la lutte contre la corruption

Conformément à l’article 257 du Code de procédure pénale, la Cour a décidé de poursuivre le procès par contumace, une procédure qui permet de juger des accusés absents par un collège de magistrats professionnels, sans jury. Ce procès s’inscrit dans la vaste campagne de moralisation de la vie publique engagée par le Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI) depuis la chute du régime d’Ali Bongo Ondimba en août 2023. Le CTRI, au pouvoir depuis le coup d’État, affirme vouloir rétablir la transparence dans la gestion des ressources publiques et tourner la page des dérives de l’ancien régime.

De nombreux anciens dignitaires, ministres et hauts fonctionnaires sont également poursuivis pour corruption, abus de biens sociaux et détournement de fonds publics. En mai 2024, l’ancien président Ali Bongo et sa famille avaient été libérés grâce à la médiation du président angolais João Lourenço, agissant au nom de l’Union africaine. Mais pour Nourredin Bongo, désormais réfugié à l’étranger, ce procès n’est qu’une vengeance politique maquillée en procédure judiciaire. Une affaire qui continue de diviser profondément l’opinion publique gabonaise entre partisans de la justice et défenseurs de l’ancien régime.

Morgan Dossou

Journaliste passionné depuis une dizaine d'années, je m’intéresse aux grands enjeux de notre époque et à l’évolution du monde contemporain. Mon objectif est de proposer une information claire, fiable et accessible à tous, en mettant en lumière des sujets variés qui nourrissent la réflexion et favorisent une meilleure compréhension de l’actualité.

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