Soudan : l’ONU documente l’horreur du massacre du camp de Zamzam

décembre 19, 2025

Un nouveau rapport des Nations unies dresse un tableau glaçant des violences commises au Soudan. Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) révèle l’ampleur de l’attaque menée contre le camp de déplacés de Zamzam, au Darfour, en avril 2025. Plus de 1 000 civils ont perdu la vie lors de cette offensive attribuée aux Forces de soutien rapide (FSR), dans un contexte de conflit armé qui continue de ravager le pays.

Plus de mille morts et des exécutions ciblées de civils

Selon le rapport publié ce jeudi, les violences se sont déroulées entre le 11 et le 13 avril 2025. Les enquêteurs du HCDH qualifient les faits de « violations graves » du droit international humanitaire. Ils font état d’au moins 1 000 civils tués dans le camp et ses environs immédiats.

Parmi ces victimes, 319 personnes ont subi des exécutions sommaires. Les assaillants ont abattu certains civils alors qu’ils tentaient de fuir le camp. D’autres ont été tués lors de fouilles maison par maison. Les violences ont également touché des lieux civils essentiels. Des meurtres ont eu lieu sur le marché, dans des écoles, des centres de santé et des mosquées.

Le rapport repose sur des entretiens menés en juillet 2025 auprès de 155 survivants et témoins réfugiés dans l’est du Tchad. Ces récits décrivent des scènes de destruction massive, des habitations incendiées et des biens pillés. Les attaques ont provoqué la fuite de plus de 400 000 habitants du camp, déjà déplacés par des violences antérieures.

Violences sexuelles massives et appel à des poursuites internationales

Au-delà des morts, le rapport documente des violences sexuelles à grande échelle. Au moins 104 survivants ont signalé des viols et des agressions sexuelles. La majorité des victimes sont des femmes et des filles issues de l’ethnie Zaghawa. Les témoignages désignent principalement des hommes en uniforme des FSR, ainsi que des milices alliées.

Ces violences auraient servi d’outil de terreur pour briser les communautés déplacées. Les survivants évoquent des agressions commises lors de rafles, de pillages et de tentatives de fuite. Le HCDH souligne le caractère systématique de ces actes.

Face à ces révélations, le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a rappelé que le meurtre délibéré de civils peut constituer un crime de guerre. Il a appelé à des enquêtes indépendantes et impartiales. Il demande aussi la poursuite des responsables, quel que soit leur rang.

Ces exactions s’inscrivent dans un schéma récurrent de violences au Darfour. Depuis le début du conflit entre l’armée soudanaise et les FSR, les populations civiles restent des cibles privilégiées. Le HCDH avait déjà documenté des atrocités similaires lors de la prise de contrôle d’El Fasher par les FSR fin octobre. Parallèlement, le blocage de l’aide humanitaire continue d’aggraver une crise déjà dramatique dans la région.

Morgan Dossou

Journaliste passionné depuis une dizaine d'années, je m’intéresse aux grands enjeux de notre époque et à l’évolution du monde contemporain. Mon objectif est de proposer une information claire, fiable et accessible à tous, en mettant en lumière des sujets variés qui nourrissent la réflexion et favorisent une meilleure compréhension de l’actualité.

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