Le 29 octobre 2025, les électeurs tanzaniens ont participé à un scrutin présidentiel dont les résultats suscitent aujourd’hui de vives critiques. La mission d’observation de l’Union africaine (UA), présente sur place, remet en question l’intégrité du processus électoral. Son rapport préliminaire révèle des anomalies majeures, qui jettent un doute sur la légitimité de la victoire écrasante de la présidente sortante Samia Suluhu Hassan.
Un résultat sans surprise mais très controversé
La présidente du parti au pouvoir, le Chama Cha Mapinduzi (CCM), a été déclarée vainqueure avec près de 98 % des suffrages exprimés. Un chiffre étonnamment élevé, alors que plusieurs candidats d’opposition n’ont pas pu se présenter. Parmi eux figure Tundu Lissu, figure de proue du parti Chadema, écarté sur fond d’accusations judiciaires.
Cette absence de réelle compétition a limité les options des électeurs. La campagne a aussi été marquée par une faible couverture médiatique indépendante, des restrictions numériques et un accès réduit à l’information. L’espace politique semblait verrouillé, et les électeurs n’ont pas eu l’occasion d’exercer un choix éclairé.
Une mission d’observation très critique
Le rapport de l’UA est direct. Il décrit des situations de bourrage d’urnes, de distribution multiple de bulletins et d’absence d’agents des partis dans les bureaux de vote. Certains observateurs ont même été expulsés lors du dépouillement. La commission électorale nationale n’a pas su garantir un cadre transparent et équitable.
Ces défaillances ne sont pas isolées. La mission évoque une préparation insuffisante, des pratiques non conformes et un affaiblissement du contrôle citoyen. Le processus électoral s’est déroulé dans des conditions jugées incompatibles avec les standards démocratiques attendus par l’UA.
Des conséquences humaines et politiques lourdes
Après l’annonce des résultats, de nombreuses manifestations ont éclaté dans les grandes villes du pays. La répression a été brutale. Le bilan exact reste flou. L’ONU évoque une dizaine de morts. L’opposition parle de plusieurs centaines. Ce contraste reflète la difficulté d’accès à une information fiable.
L’image de la démocratie tanzanienne sort affaiblie de ce scrutin. La remise en cause par un organe continental comme l’Union africaine ouvre un débat de fond. Faut-il revoir le fonctionnement de la commission électorale ? Comment garantir des élections réellement compétitives ? Autant de questions que les autorités devront affronter, si elles veulent restaurer la confiance du peuple.