Abidjan : Polémique autour d’un van lié à l’excision

mars 12, 2026

Un véhicule portant l’inscription « centre mobile d’excision » a semé la confusion ces derniers jours dans plusieurs communes d’Abidjan. Les images du van ont rapidement circulé sur les réseaux sociaux, provoquant indignation et interrogations sur une possible promotion d’une pratique interdite. Face à la polémique, le ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant a pris la parole pour clarifier l’objectif réel de l’initiative. Explications.

Une campagne de sensibilisation mal comprise

La controverse est née après la diffusion de photos montrant un van circulant dans la capitale économique ivoirienne avec l’inscription « centre mobile d’excision ». De nombreux internautes, journalistes et influenceurs ont dénoncé ce qu’ils pensaient être une initiative encourageant les mutilations génitales féminines.

Pour répondre à ces réactions, le ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant a organisé une conférence de presse le 11 mars 2026 au Plateau en présence du Mouvement Femmes et Paroles, l’organisation à l’origine de l’action.

Les responsables expliquent que le dispositif s’inscrit dans une campagne de sensibilisation visant à alerter l’opinion publique sur la persistance de l’excision en Côte d’Ivoire. L’association a voulu créer un électrochoc dans l’espace public afin de susciter un débat et encourager la prise de conscience.

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Une stratégie pour provoquer le débat public

Selon Raïssa Kouamé, représentante du Mouvement Femmes et Paroles, l’opération reposait sur une stratégie volontairement provocatrice pour attirer l’attention sur un phénomène souvent considéré comme disparu.

Les bénévoles présents sur le terrain portaient des tee-shirts avec des messages de sensibilisation et distribuaient des flyers expliquant les dangers des mutilations génitales féminines. Des numéros de téléphone étaient également communiqués pour signaler les cas d’excision.

L’organisation affirme avoir sensibilisé 333 personnes au cours de ses actions de proximité. Les échanges directs avec les habitants visaient à rappeler que cette pratique existe encore dans certaines communautés.

L’initiative a néanmoins révélé une réalité inquiétante. Selon les organisateurs, certaines personnes ont contacté l’association pour demander un rendez-vous afin de faire exciser leurs enfants, preuve que la demande n’a pas totalement disparu.

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L’État rappelle son engagement contre l’excision

Lors de la conférence de presse, la directrice et coordinatrice nationale des violences basées sur le genre, Dr Kouamé Honorée Ghislaine, a rappelé la position ferme de l’État ivoirien contre les mutilations génitales féminines.

Elle a indiqué que la campagne s’inscrit dans l’initiative nationale de sensibilisation intitulée « On ne coupe pas une fleur pour l’honorer », destinée à mobiliser la population contre cette pratique.

Les autorités insistent sur le fait que l’excision constitue une violation grave des droits humains et qu’elle reste punie par la loi ivoirienne. Le ministère encourage les citoyens à signaler toute situation suspecte via le numéro vert 1308.

Le gouvernement souhaite désormais transformer l’indignation suscitée par la polémique en mobilisation collective afin de renforcer la lutte contre les mutilations génitales féminines.

Enagnon Wilfried ADJOVI

Enagnon Wilfried ADJOVI

Rédacteur spécialisé dans l'actualité africaine, je produis des décryptages et analyses approfondies sur les enjeux politiques, économiques et technologiques qui redessinent le continent.

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