La cybercriminalité en Afrique connaît une nouvelle mise en lumière après une opération de grande ampleur menée par Interpol. Quatorze pays ont uni leurs forces pour démanteler des réseaux transnationaux accusés d’escroqueries en ligne. L’opération a permis d’arrêter 260 suspects et de saisir plus de 1 200 appareils électroniques. Une mobilisation qui illustre l’ampleur des menaces numériques sur le continent et l’importance croissante de la coopération internationale.
Une offensive coordonnée sur plusieurs fronts
L’opération baptisée Contender 3.0 s’est déroulée simultanément dans plusieurs pays africains. Elle visait principalement les réseaux qui exploitent les plateformes numériques et les réseaux sociaux pour piéger leurs victimes. Selon Interpol, 81 infrastructures criminelles ont été démantelées, tandis que 1 463 victimes ont été identifiées pour un préjudice total estimé à 2,8 millions de dollars.
« Le développement des plateformes en ligne a ouvert de nouvelles possibilités aux réseaux criminels pour exploiter leurs victimes », a souligné Cyril Gout, directeur exécutif par intérim des Services de police d’Interpol. Les investigations ont révélé des pratiques récurrentes : escroqueries sentimentales, manipulation psychologique et chantage sexuel à l’aide de vidéos ou d’images explicites.
Des opérations nationales aux résultats tangibles
Dans plusieurs pays, les autorités locales ont mené des actions ciblées avec des résultats significatifs. Au Ghana, 68 suspects ont été interpellés et 835 appareils saisis. Les pertes financières y sont évaluées à 450 000 dollars, dont 70 000 déjà récupérés. Le Sénégal a arrêté 22 individus impliqués dans l’usurpation d’identité de célébrités, avec 120 victimes recensées pour un préjudice de 34 000 dollars.
En Côte d’Ivoire, la police a mis au jour un réseau de sextorsion particulièrement actif. Vingt-quatre personnes ont été arrêtées et 809 victimes identifiées. En Angola, huit suspects ont été placés en détention pour avoir utilisé de faux documents afin de cibler 28 victimes locales et internationales. Dans chacun de ces cas, les enquêteurs ont saisi téléphones, cartes SIM et documents falsifiés, confirmant la sophistication des méthodes employées.
Une coopération appelée à se renforcer
L’opération a bénéficié du soutien de sociétés spécialisées comme Group-IB et Trend Micro, facilitant le partage de données et l’analyse des infrastructures numériques. Cette collaboration public-privé a permis d’accélérer la détection des adresses IP, des domaines et des profils frauduleux.
La cybercriminalité en Afrique illustre aujourd’hui les défis liés à l’essor du numérique. L’ampleur des réseaux démantelés confirme que les menaces évoluent vite et nécessitent des réponses coordonnées. Si l’opération Contender 3.0 marque une étape importante, les experts rappellent que la lutte contre les escroqueries en ligne reste un combat permanent. Pour les victimes, la coopération internationale représente désormais l’un des remparts les plus solides face à des criminels toujours plus inventifs.