Devant la CRIET, la tiktokeuse Kingbo Florence tient tête aux juges !

février 5, 2026

Au Bénin, le procès de la tiktokeuse Kingbo Florence s’est ouvert devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) le mardi 3 février 2026. Âgée de 21 ans et rendue célèbre par une vidéo dans laquelle elle insultait le président Patrice Talon et sa famille, la jeune femme comparaît pour plusieurs chefs d’accusation. L’audience s’est déroulée dans un climat tendu, marqué par des échanges vifs et des déclarations controversées.

Procès Kingbo Florence à la CRIET : ouverture sous haute tension

Dès l’ouverture de l’audience, l’atmosphère s’est révélée électrique. Le comportement et les propos de la prévenue ont rapidement fait monter la tension. Les débats ont pris une tournure agitée, attirant l’attention du public et des observateurs.

Des accusations liées à une vidéo virale

Kingbo Florence est poursuivie pour « harcèlement par le biais d’un système électronique, atteinte à la vie privée, incitation à la haine et à la violence, et incitation à la rébellion ». Ces poursuites font suite à une vidéo largement partagée sur les réseaux sociaux.

Dans cette séquence, elle s’en prend au président Patrice Talon, qu’elle qualifie de « tyran ». Elle vise également la Première Dame Claudine Talon et leur fils.

Le parquet spécial estime que ces propos dépassent le cadre de la liberté d’expression. Il considère qu’ils pourraient troubler l’ordre public. Cette affaire relance ainsi le débat sur la responsabilité des influenceurs et l’impact juridique des contenus numériques.

Une entrée remarquée et des réponses jugées insolentes

Appelée à la barre, la tiktokeuse s’est présentée en mâchant ostensiblement un chewing-gum. Ce détail n’a pas échappé au ministère public. Interrogée sur cette attitude, elle a répliqué avec défi : « Depuis quand il est interdit de manger ? ».

Lors de la phase d’inculpation, le juge lui a demandé quelle langue elle parlait. Sa réponse, livrée sur un ton provocateur, a suscité l’agacement de la présidente de céans. Cette dernière a alors demandé à son avocat, Me Aboubacar Baparapé, de « calmer sa cliente », estimant que son attitude manquait de respect envers la Cour.

Déclarations de Kingbo Florence et suites judiciaires

Tout au long de l’audience, la prévenue a multiplié les prises de parole. Certaines ont été perçues comme provocatrices. De leur côté, la défense et le ministère public ont exposé leurs positions sur le fond du dossier.

A DECOUVRIR : Patrice Talon défend un modèle béninois de démocratie

« Oui, je reconnais les faits », affirme la prévenue

Interrogée sur les faits qui lui sont reprochés, Kingbo Florence a plaidé coupable. Elle a toutefois adopté une posture jugée hautaine par plusieurs observateurs.

« Oui, je reconnais les faits. Depuis l’arrivée de Patrice Talon, ceux qui insultent Boni Yayi ne sont pas poursuivis, mais ceux qui s’en prennent à Talon le sont », a-t-elle déclaré à la barre.

Ces propos ont immédiatement relancé le débat sur l’impartialité des poursuites judiciaires. Ils alimentent également la réflexion sur le traitement des critiques politiques au Bénin. Malgré la gravité des accusations, la jeune femme est restée confiante et défiant envers l’institution judiciaire.

Demande de liberté provisoire et renvoi du dossier

Sur le plan de la défense, Me Aboubacar Baparapé a plaidé l’irresponsabilité pénale de sa cliente. Il a affirmé qu’elle souffrirait de troubles mentaux. Mais Kingbo Florence a rejeté cette thèse. « Je ne suis pas folle. Les personnes folles se promènent nues, et ce n’est pas mon cas », a-t-elle répliqué devant la Cour.

Après les observations du ministère public, celui-ci a demandé un renvoi afin de préparer ses réquisitions. La défense a, pour sa part, sollicité une mise en liberté provisoire, invoquant la nécessité de « la protéger d’elle-même en prison ». Le parquet s’est opposé à cette demande. La Cour a finalement décidé de renvoyer l’affaire au mardi 24 mars 2026, date prévue pour les réquisitions du ministère public et l’examen de la demande de liberté provisoire.

À l’annonce de ce renvoi, Kingbo Florence s’est emportée. « Le dossier peut être même renvoyé en 2030 », a-t-elle lancé. Elle a ajouté qu’elle se sentait « trop à l’aise en prison », affirmant qu’elle y mangeait « sept fois par jour ». Face à ces propos, la juge a ordonné son évacuation immédiate de la salle d’audience.

A LIRE AUSSI : Bénin : la prochaine Assemblée nationale restera sans opposition


morgan dossou africactu auteur

Morgan DOSSOU

Rédacteur spécialisé dans l'actualité africaine, je produis des décryptages et analyses approfondies sur les enjeux politiques, économiques et technologiques qui redessinent le continent.

Voir les articles de Morgan

Laisser un commentaire