L’Union européenne et l’Égypte ont tenu, mercredi 22 octobre 2025 à Bruxelles, leur premier sommet bilatéral, marqué par une volonté commune de consolider un partenariat stratégique. Sécurité, commerce, stabilité régionale et surtout maîtrise des migrations illégales figuraient au cœur des discussions. L’Europe voit désormais en l’Égypte un acteur incontournable pour la stabilité du bassin méditerranéen et la gestion des flux migratoires.
L’Égypte, pilier régional et partenaire clé de l’Europe
Pour l’Union européenne, l’Égypte s’impose comme un allié stratégique incontournable. Située au carrefour du Moyen-Orient et de l’Afrique, elle joue un rôle central dans la gestion des routes migratoires et dans les efforts de paix régionale. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a salué le rôle du Caire en ces termes : « Nous savons que nous pouvons compter sur le soutien actif de l’Égypte, et nous saluons sa volonté d’organiser une conférence sur la reconstruction. C’est un moment décisif pour le bassin méditerranéen. L’Europe et l’Égypte partagent un intérêt commun évident à façonner cet avenir. »
L’Égypte, qui avait accueilli le Sommet de la paix de Charm el-Cheikh, continue de se positionner comme médiateur essentiel dans le conflit israélo-palestinien. Le président Abdel-Fattah al-Sissi a réaffirmé la volonté de son pays de contribuer à la stabilité régionale tout en assumant une responsabilité humanitaire majeure. « Depuis septembre 2016, aucun bateau n’a quitté les côtes égyptiennes. Aujourd’hui, notre pays accueille plus de 9,5 millions d’étrangers ayant fui les crises dans leur pays d’origine », a-t-il rappelé.
Un partenariat renforcé par des accords économiques et sécuritaires
Le sommet s’est conclu par la signature de trois accords majeurs portant sur l’aide macrofinancière, le soutien aux réformes économiques et la participation de l’Égypte au programme Horizon Europe, destiné à soutenir la recherche et l’innovation. Ces accords traduisent la volonté de Bruxelles d’ancrer durablement l’Égypte dans sa politique méditerranéenne, à travers le nouveau « pacte pour la Méditerranée ». Ce dispositif encourage la coopération régionale, de Tanger à Istanbul, en échange d’un engagement accru contre la migration irrégulière.
Par ailleurs, l’Union européenne et l’Égypte ont réaffirmé leur soutien à la solution à deux États pour résoudre le conflit israélo-palestinien et salué les efforts américains pour la paix à Gaza. Face aux attaques des Houthis en mer Rouge, les deux parties ont également convenu de renforcer la sécurité maritime et la coopération antiterroriste. Enfin, les dirigeants ont annoncé que le prochain sommet UE–Égypte se tiendrait au Caire en 2027, signe de la volonté commune de bâtir un partenariat stratégique à long terme. Dans un environnement géopolitique instable, l’Europe semble avoir trouvé en l’Égypte un allié solide et pragmatique, capable d’agir à la fois comme rempart migratoire et acteur de paix régionale.