Alors que le poste de secrétaire général des Nations Unies sera renouvelé début 2027, le nom de l’ancien président sénégalais Macky Sall circule avec insistance. S’il n’a pas officialisé sa candidature, son nom circule avec insistance dans les cercles diplomatiques africains. Comme on peut s’y attendre, le débat s’installe déjà au Sénégal et au sein de la classe politique africaine. Entre soutien diplomatique et contestations internes, l’hypothèse d’une candidature suscite de vives réactions.
Un profil internationalement crédible
Plusieurs analystes soulignent la légitimité du profil de Macky Sall. Ancien chef d’État, président en exercice de l’Union africaine par le passé, acteur engagé sur les questions du multilatéralisme et de la représentation africaine au G20, il dispose d’un réseau diplomatique solide.
Ses partisans mettent en avant sa capacité à dialoguer avec des dirigeants aux positions opposées, de Washington à Moscou. Dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques et une crise du multilatéralisme, certains estiment qu’un profil africain francophone expérimenté pourrait constituer un atout à la tête de l’ONU.
Ils rappellent également que près de 80 % des dossiers examinés au Conseil de sécurité concernent l’Afrique, ce qui renforce, selon eux, la légitimité d’une candidature issue du continent.
Un soutien national encore incertain
Malgré ces arguments, la question du soutien officiel du Sénégal demeure centrale. À ce stade, ni le président Bassirou Diomaye Faye ni le Premier ministre Ousmane Sonko ne se sont prononcés publiquement.
Or, la désignation du secrétaire général des Nations Unies repose sur une recommandation du Conseil de sécurité, puis une validation par l’Assemblée générale. Une candidature, bien que légitime sur le plan individuel, gagne en crédibilité lorsqu’elle bénéficie d’un appui clair de son pays d’origine.
Certains observateurs estiment qu’une absence de soutien officiel fragiliserait le dossier. D’autres considèrent qu’un appui africain massif pourrait compenser d’éventuelles réticences internes.
Une candidature qui divise l’opinion
Au Sénégal, le débat reste sensible. Des voix critiques rappellent la fin du mandat de Macky Sall, marquée par des tensions politiques et des manifestations. Pour une partie de l’opinion, une candidature à l’ONU ne peut ignorer ce contexte.
D’autres appellent à distinguer enjeux nationaux et intérêts diplomatiques. Selon eux, soutenir une candidature sénégalaise à une fonction internationale ne signifie pas effacer les divergences politiques internes, mais défendre une position stratégique pour le pays et pour l’Afrique.
Le sommet de l’Union africaine, prévu dans les prochains jours, pourrait constituer une étape déterminante. Plusieurs chefs d’État devraient échanger sur l’opportunité d’apporter un soutien continental à une candidature africaine pour succéder à António Guterres.
Certains analystes avancent également qu’une désignation à un poste international pourrait contribuer à apaiser la scène politique nationale. D’autres redoutent au contraire que cela ravive les clivages.
Un enjeu diplomatique au-delà des calculs internes
Au-delà du débat partisan, la question renvoie à l’image du Sénégal sur la scène internationale. Le pays s’est historiquement illustré par son engagement multilatéral et par le soutien apporté à ses ressortissants candidats à des fonctions internationales.
Reste à savoir si une concertation entre les autorités actuelles et l’ancien président permettra d’aboutir à une position commune. Une candidature sans soutien national explicite serait juridiquement possible, mais politiquement plus complexe.
À moins d’un an de l’échéance, le processus entre dans une phase décisive. La question n’est plus seulement celle du profil de Macky Sall, mais celle de la capacité du Sénégal à parler d’une seule voix sur un enjeu stratégique.