Avec plus de 1 000 cas recensés en huit mois, l’hépatite A signe son grand retour en France. Après trois années de circulation faible, deux foyers épidémiques, à Lyon et dans les Pays de la Loire, relancent l’alerte. Modes de contamination, risques, prévention, vaccination : tout ce qu’il faut comprendre face à cette infection virale trop souvent sous-estimée.
Une résurgence inattendue après le COVID
Après une accalmie liée à la pandémie de COVID-19, l’incidence de l’hépatite A est repartie à la hausse. En 2025, le seuil symbolique des 1 000 cas a été franchi dès la fin du mois d’août, selon les données de la Direction générale de la Santé. L’année précédente, ce niveau n’avait été atteint qu’en douze mois.
Ce rebond s’explique par deux foyers d’infection localisés : 84 cas confirmés à Lyon, et 117 dans les Pays de la Loire, où l’épidémie restait active début septembre. Ces épisodes ont débuté dès le mois de juin, amorçant un pic saisonnier traditionnellement observé entre septembre et octobre, en lien avec les retours de vacances depuis des zones à forte endémie telles que l’Afrique, l’Asie, le Moyen-Orient ou l’Amérique latine.
La DGS, si elle n’avance pas d’hypothèse définitive sur l’origine de ces foyers, souligne que ces cas importés peuvent facilement déclencher des chaînes de transmission locale, notamment au sein de familles ou de collectivités.
Transmission, symptômes, prévention : les points critiques
Le virus de l’hépatite A (VHA) se propage essentiellement par voie féco-orale. Les mains souillées, les aliments crus contaminés (coquillages, fruits), les objets ou surfaces partagés, mais aussi certains rapports sexuels, en particulier dans les communautés homosexuelles, constituent les principales voies de contamination. Le virus peut survivre longtemps à l’extérieur du corps et se transmettre même en l’absence de symptômes visibles.
Chez l’adulte, la maladie se manifeste par une fatigue persistante, une perte d’appétit, des nausées, des douleurs abdominales, et dans deux tiers des cas, une jaunisse. Chez l’enfant, elle passe souvent inaperçue, surtout avant l’âge de 6 ans. La période d’incubation varie de 14 à 28 jours, avec un risque de contagion jusqu’à deux semaines après la fin des symptômes.
La prise en charge repose sur une consultation rapide en cas de symptômes, suivie d’un diagnostic sérologique. Aucun traitement curatif n’existe à ce jour. Si la majorité des cas évolue favorablement, des formes fulminantes peuvent apparaître, en particulier chez les adultes souffrant déjà de pathologies hépatiques. Ces formes graves peuvent mener à une insuffisance hépatique, nécessitant parfois une greffe urgente.
Sur le plan préventif, les autorités sanitaires insistent sur l’hygiène des mains, la désinfection des surfaces, la cuisson des aliments à 120 °C, et l’évitement des lieux collectifs en cas d’infection. Le linge doit être lavé à haute température, et les objets personnels (serviettes, verres, couverts) ne doivent pas être partagés.
Enfin, la vaccination reste l’arme la plus efficace. Elle est fortement recommandée aux personnes vivant dans des conditions sanitaires précaires, aux enfants de plus d’un an se rendant dans des pays d’endémie, aux professionnels exposés (égoutiers, éboueurs), ainsi qu’aux hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes. Deux doses sont nécessaires pour une protection durable, avec une efficacité proche de 100 %.