Sécheresse au Maroc : Comment les pluies ne vont pas sauver le pays cette année encore

février 9, 2026

Au Maroc, les précipitations intenses enregistrées depuis plusieurs semaines n’ont pas suffi à dissiper les inquiétudes liées à la sécheresse persistante. Si les pluies ont provoqué des inondations dans le nord du pays, entraînant l’évacuation de plus de 150 000 personnes depuis fin janvier, elles ne garantissent pas pour autant un retour durable à la normale. Après sept années consécutives de sécheresse, la question de la sécurité hydrique et de l’avenir de l’agriculture marocaine reste plus que jamais d’actualité.

Maroc : pourquoi la menace de sécheresse persiste malgré les pluies ?

Malgré l’ampleur des intempéries, les experts estiment que le risque de sécheresse n’est pas totalement écarté. Les précipitations des pluies améliorent la situation, mais ne suffisent pas à garantir un équilibre durable des ressources en eau.

La Direction générale de la météorologie (DGM) a annoncé de nouvelles pluies abondantes, accompagnées d’averses orageuses, de risques de grêle et de rafales de vent dans plusieurs provinces du pays. Toutefois, ces événements extrêmes soulèvent autant d’espoirs que de préoccupations.

Des apports hydriques en hausse, mais une fragilité persistante

Selon le ministère de l’Eau, les apports hydriques des cinq derniers mois ont dépassé la moyenne annuelle des dix dernières années. Les barrages, les cours d’eau et les nappes phréatiques ont bénéficié d’un niveau de remplissage en amélioration, renforcé également par des précipitations neigeuses dans certaines régions.

Cependant, le climatologue Mohamed Hanchane rappelle que sept années de sécheresse ont profondément affecté les réserves en eau du pays. Si la situation actuelle permet de « remettre les choses un peu à la normale », le Maroc reste exposé à un risque de sécheresse, notamment en fonction des conditions météorologiques du printemps à venir.

Des pluies exceptionnelles liées à un contexte climatique atypique

La situation climatique s’est inversée après plusieurs années marquées par un anticyclone des Açores resté durablement proche des côtes marocaines, limitant les précipitations. Aujourd’hui, le pays fait face à des pluies d’une intensité et d’une durée inhabituelles, qui dépassent les schémas climatiques traditionnels de l’hiver marocain.

Si ces précipitations apportent un soulagement temporaire, elles posent également la question de la variabilité climatique accrue et de l’adaptation des politiques publiques aux nouveaux défis environnementaux.

Sécheresse au Maroc : quels impacts pour l’agriculture et les populations ?

Les pluies intenses ont un double impact : elles contribuent à recharger les réserves en eau, mais provoquent aussi des dégâts importants, notamment dans les zones agricoles. Les populations rurales et les agriculteurs restent particulièrement vulnérables.

Les autorités ont procédé à des évacuations préventives dans le nord du pays afin de limiter les risques humains face aux inondations. Mais sur le terrain, les conséquences économiques commencent à se faire sentir.

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Des inondations qui menacent l’agriculture marocaine

Pour de nombreux agriculteurs, la pluie n’a pas forcément été une bonne nouvelle. Mohamed Hanchane alerte sur les impacts des pluies extrêmes sur l’agriculture, soulignant que plusieurs plaines atlantiques sont inondées.

Ces inondations risquent de détériorer les terres agricoles, de retarder les cultures et d’engendrer des pertes de récoltes. Dans un pays où l’agriculture joue un rôle clé dans l’économie et l’emploi, ces perturbations pourraient avoir des répercussions durables sur la production alimentaire et les revenus des exploitants.

Entre soulagement hydrique et incertitudes pour l’avenir

Les précipitations ont permis de renforcer temporairement les ressources en eau, offrant un répit après plusieurs années de pénurie. Toutefois, les spécialistes insistent sur le fait que la menace de la sécheresse n’est pas définitivement levée.

Le Maroc reste confronté à un défi structurel : sécuriser ses ressources hydriques face aux changements climatiques, tout en protégeant son secteur agricole des événements météorologiques extrêmes. L’évolution des prochaines saisons, en particulier le printemps, sera déterminante pour évaluer si le pays peut réellement sortir du cycle de sécheresse ou s’il doit se préparer à de nouvelles périodes de stress hydrique.

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Roseline GOUNDJO

Roseline GOUNDJO

Journaliste rédactrice spécialisée dans la politique, la culture et les relations internationales. Passionnée par les sujets de société et le People, je m'engage à offrir des contenus captivants à mes lecteurs.

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