Le paysage médiatique francophone s’enrichit d’une nouvelle chaîne. ZOA, née ce 1er octobre sous l’égide de France Médias Monde, s’adresse directement aux jeunes Africains. 100 % numérique, ancrée dans les réalités locales et portée par des journalistes de la nouvelle génération, elle veut raconter le quotidien autrement. L’initiative, déjà suivie par des centaines de milliers d’internautes, marque un tournant stratégique dans la manière d’informer une jeunesse connectée.
Une chaîne conçue par et pour les jeunes
Lancée officiellement à Dakar, ZOA fonctionne depuis deux semaines seulement et a déjà attiré l’attention. Certaines vidéos dépassent 800 000 vues, un chiffre qui illustre la demande d’un contenu pensé pour le public africain.
Pour Kaourou Magassa, rédacteur en chef, l’ambition est claire : « ZOA raconte l’Afrique depuis ses origines, en valorisant celles et ceux qui l’ont construite, la façonnent aujourd’hui et l’imaginent demain ». Derrière cette volonté, une équipe de dix journalistes, âgés en moyenne de 28 ans, et épaulée par un réseau de correspondants dans 11 pays.
L’installation de la rédaction dans le hub de France Médias Monde à Dakar illustre l’appui logistique de la maison mère. Mais l’indépendance éditoriale reste garantie. Les conférences de rédaction et les choix de sujets sont décidés en interne, sans influence directe de RFI ou de France 24.
Un contenu positif, ancré dans le quotidien
ZOA privilégie des sujets de proximité. Santé, sport, culture, société ou encore entrepreneuriat sont au cœur de ses productions. La politique, jugée surabondante dans d’autres médias, n’a pas sa place. « ZOA va produire pratiquement tous les sujets, sauf la politique », confirme Cécile Goudou, rédactrice en chef adjointe.
Les premiers reportages mettent en avant des parcours inspirants. On y découvre Aya Gueye, ancienne Miss Ziguinchor qui utilise la mode comme levier culturel, ou Ruffine Sonon, athlète béninoise de 15 ans devenue championne d’Afrique scolaire sur 800 mètres. Autre exemple, Tening Faye, jeune Sénégalaise déjà médaillée mondiale en taekwondo.
La rubrique santé illustre aussi ce parti pris : expliquer simplement les risques liés au sucre, au thé ataya ou à des maladies comme Alzheimer, tout en mettant en avant les progrès médicaux du continent.
Ce positionnement vise à redonner confiance en l’information. Comme l’explique un des reporters, Ibrahima Dramé : « On va donner la parole à l’Africain lambda. Celui dont l’existence n’est pas connue et qui fait pourtant des choses extraordinaires. »
Un média qui ouvre une nouvelle ère
Avec sa stratégie numérique et son ton résolument positif, ZOA incarne une autre façon de raconter l’Afrique. Loin des clichés misérabilistes, la chaîne veut montrer une jeunesse en mouvement, créative et actrice de son présent.
Ses débuts prometteurs suggèrent un potentiel d’expansion rapide, porté par l’usage massif des réseaux sociaux sur le continent. Si elle parvient à maintenir cette indépendance éditoriale et ce regard neuf, ZOA pourrait devenir une référence incontournable pour une génération qui se reconnaît rarement dans les médias traditionnels.