Le gaspillage alimentaire reste l’un des principaux défis du système alimentaire mondial. Malgré les alertes répétées, il continue de croître. Cette tendance s’explique par des chaînes logistiques complexes, la hausse des prix et une visibilité encore limitée sur les pertes réelles. Selon une récente étude d’Avery Dennison, le coût global du gaspillage alimentaire pourrait atteindre 540 milliards de dollars en 2026, soulignant l’ampleur économique du problème, alors que des millions de personnes souffrent toujours de faim.
Pourquoi le gaspillage alimentaire va continuer d’augmenter en 2026
L’étude d’Avery Dennison, intitulée « Making the Invisible Visible », s’appuie sur un sondage mené auprès de 3 500 responsables mondiaux de la distribution alimentaire et sur une modélisation économique réalisée par le Centre britannique pour l’économie et la recherche commerciale (Cebr). Selon ces analyses, le gaspillage alimentaire mondial passera de 526 milliards USD en 2025 à 540 milliards USD en 2026.
Les entreprises restent confrontées à une visibilité limitée sur les pertes. Les pertes survenues lors du transport et du stockage sont encore mal documentées. Sans ces informations, il est difficile de mettre en place des mesures efficaces pour réduire le gaspillage.
Une mauvaise gestion des stocks demeure problématique
La gestion des stocks apparaît comme l’une des causes principales du gaspillage. L’étude montre que 51 % des responsables citent le surstockage et les prévisions de demande imprécises comme facteurs clés. Les produits arrivent à expiration avant d’être vendus ou ne correspondent pas aux besoins des consommateurs locaux.
De plus, des systèmes d’information fragmentés compliquent le suivi des flux. Les données en temps réel ne sont pas toujours accessibles. Ainsi, les décisions d’approvisionnement restent approximatives, générant des excédents difficiles à écouler.
Transport et logistique : un maillon fragile
Le transport est également un facteur clé. Selon l’étude, 56 % des acteurs reconnaissent ne pas avoir de visibilité claire sur les pertes lors de la livraison. Les ruptures de la chaîne du froid, les retards et les manipulations inadaptées entraînent une dégradation rapide des produits.
Dans un contexte marqué par des tensions géopolitiques, ces fragilités se multiplient. Les entreprises subissent un double impact économique : hausse des coûts d’intrants et pertes de produits invendables.
Quels produits concentrent l’essentiel du gaspillage alimentaire mondial ?
L’étude d’Avery Dennison détaille également les catégories de produits les plus affectées. Certaines représentent une part disproportionnée des pertes à cause de leur fragilité, de leur valeur et de leur durée de conservation limitée. Ces aliments constituent un enjeu économique majeur pour les distributeurs et des leviers prioritaires pour réduire les pertes globales.
La viande : première source de pertes économiques
La viande devrait représenter près d’un cinquième du gaspillage alimentaire mondial en 2026, soit environ 94 milliards de dollars. Selon l’étude, 72 % des responsables de chaînes d’approvisionnement considèrent la viande comme le principal défi.
Sa forte valeur marchande et les contraintes sanitaires strictes rendent les erreurs de stockage particulièrement coûteuses. Chaque kilo gaspillé représente une perte financière et environnementale importante.
Produits frais et plats préparés : des pertes importantes
Les produits frais suivent avec 88 milliards de dollars de pertes estimées. Fruits et légumes restent très vulnérables. Leur durée de vie est courte et ils sont sensibles aux conditions de transport et de conservation.
Les plats prêts à consommer constituent un autre segment problématique, avec 80 milliards USD de pertes prévues. Les dates limites strictes et les variations rapides de la demande compliquent l’ajustement des volumes et augmentent le risque d’invendus.
Comment transformer le gaspillage alimentaire en levier économique ?
Au-delà des impacts environnementaux et sociaux, le gaspillage alimentaire représente un frein concret à la rentabilité des entreprises, atteignant en moyenne 33 % du chiffre d’affaires total selon l’étude.
Le secteur de la distribution est particulièrement bien placé pour réduire ces pertes et améliorer sa performance économique.
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Rendre visibles les pertes pour mieux agir
La visibilité au niveau des produits est essentielle. Les outils de traçabilité avancés permettent d’identifier où et quand les pertes surviennent. Cela permet aux entreprises d’agir rapidement et de manière ciblée.
Cette approche réduit le gaspillage et transforme des coûts cachés en opportunités de ventes. Les flux sont mieux ajustés et les promotions deviennent plus efficaces.
Une responsabilité économique et sociale
Enfin, la réduction du gaspillage alimentaire renforce la résilience des chaînes d’approvisionnement. À l’horizon 2030, une meilleure collaboration entre producteurs, logisticiens et distributeurs pourrait éviter plusieurs milliers de milliards de dollars de pertes cumulées.
Avec près de 8 % de la population mondiale confrontée à la faim, lutter contre le gaspillage alimentaire apparaît comme une réponse concrète. Elle combine performance économique, impact social et bénéfices environnementaux durables.
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