Au Mali, le gouvernement annonce une avancée majeure dans la gestion de ses ressources naturelles. Le ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, révèle que l’État a recouvré 761 milliards de francs CFA, soit près de 1,2 milliard de dollars, auprès de plusieurs sociétés minières. Cette somme représente l’une des plus fortes récupérations enregistrées dans l’histoire du secteur extractif malien.
Une opération issue d’un audit lancé en 2023
Cette récupération résulte d’un audit lancé début 2023. Les autorités voulaient mesurer l’ampleur des pertes liées à la gestion des titres miniers, aux déclarations fiscales et aux redevances. Les enquêteurs ont identifié des manques à gagner très importants, compris entre 300 et 600 milliards de francs CFA.
Ce diagnostic a encouragé le gouvernement à accélérer la réforme du cadre légal. Le nouveau code minier modifie les règles du jeu. L’État augmente sa participation dans les sociétés, revoit les redevances et supprime plusieurs clauses qui limitaient son pouvoir de négociation. Les discussions avec les compagnies se sont parfois tendues. Le litige avec Barrick Mining dure deux ans. La firme canadienne contrôle les principales mines d’or du pays. Le différend porte sur les montants dus et sur les changements imposés par la réforme. Les deux parties signent finalement un accord en novembre. Le ministre ne précise pas si les 761 milliards englobent les 244 milliards liés à ce règlement.
Un tournant stratégique pour les finances publiques
Le secteur minier joue un rôle central dans l’économie malienne. L’or représente plus de 70 % des exportations. Le pays dépend fortement des recettes tirées de cette ressource. La récupération annoncée renforce la trésorerie de l’État dans un contexte où les besoins budgétaires augmentent. Les autorités voient dans cette opération la preuve que la refonte du secteur porte ses premiers fruits. Elles veulent continuer le travail pour sécuriser davantage les revenus. Le ministre Sanou affirme que le gouvernement compte suivre de près les pratiques des sociétés afin d’éviter de nouvelles pertes.
La réforme vise aussi à mieux intégrer les populations locales dans les retombées économiques. Le nouveau code prévoit une hausse des contributions destinées aux collectivités. Les autorités espèrent créer un environnement plus équitable entre l’État, les compagnies et les communautés. Le gouvernement veut consolider la souveraineté économique du Mali. Les prochaines étapes détermineront la capacité du pays à stabiliser durablement ses finances tout en valorisant ses ressources minières.