Pourquoi Donald Trump boycotte le G20 en Afrique du Sud ?

novembre 8, 2025

Le président américain Donald Trump a créé la surprise ce vendredi en annonçant que les États-Unis ne participeraient pas au sommet du G20 prévu les 22 et 23 novembre à Johannesburg, en Afrique du Sud. Dans un message publié sur sa plateforme Truth Social, Trump a confirmé qu’aucun représentant officiel américain ne serait envoyé, une décision qu’il justifie par de graves accusations contre le pays hôte.

Des accusations de « violations des droits humains »

Selon Donald Trump, l’Afrique du Sud serait responsable de « persécutions » et de « meurtres » visant les fermiers blancs, appelés Afrikaners, descendants des colons européens, ce qu’il qualifie de « scandale international ». « Aucun représentant du gouvernement américain ne participera tant que ces violations des droits humains continuent », a-t-il affirmé. Initialement, le vice-président J. D. Vance devait représenter Washington lors de ce sommet, mais sa participation a été annulée.

Ces déclarations ont été rapidement rejetées par Pretoria, qui les juge « infondées et dangereuses ». Le gouvernement sud-africain rappelle que les États-Unis ne sont « pas en mesure de justifier ces allégations » et insiste sur l’engagement du pays en faveur de la lutte contre les inégalités et la promotion des droits humains. Un porte-parole du ministère des Affaires étrangères a condamné ces propos, estimant qu’ils nuisent au dialogue multilatéral.

Cette décision s’inscrit dans un climat diplomatique tendu entre les deux pays. En mai dernier, lors d’une rencontre entre Trump et Cyril Ramaphosa à Washington, le président américain avait projeté une vidéo relayant des accusations similaires, immédiatement contestées par le gouvernement sud-africain et plusieurs ONG.

Une absence qui fragilise Washington sur la scène internationale

Ce boycott intervient alors que le G20 réunit chaque année les principales puissances mondiales, représentant plus de 80 % du PIB mondial. L’édition 2025, organisée pour la première fois sur le sol africain, devait marquer un tournant en matière de coopération Sud-Sud et de lutte contre les inégalités mondiales. L’Afrique du Sud y a inscrit le thème : « Solidarité, égalité, durabilité ».

L’absence américaine — renforcée par le boycott des réunions ministérielles préparatoires par Marco Rubio, secrétaire d’État — est perçue comme un signal politique fort, laissant plus de place à d’autres puissances comme la Chine, l’Inde ou la Russie sur les questions stratégiques.

Malgré les critiques, Donald Trump a déjà confirmé son enthousiasme pour la prochaine édition du G20, prévue en décembre 2026… aux États-Unis, plus précisément au Trump National Doral Miami, complexe hôtelier appartenant à sa famille. Une manière de perpétuer sa marque politique et économique, tout en s’éloignant des dynamiques de solidarité internationale portées par Johannesburg. Pour l’Afrique du Sud, ce sommet reste un symbole : celui d’un pays qui, après avoir surmonté l’apartheid, entend désormais porter la voix du continent sur les grandes questions globales — avec ou sans Washington.

Morgan Dossou

Journaliste passionné depuis une dizaine d'années, je m’intéresse aux grands enjeux de notre époque et à l’évolution du monde contemporain. Mon objectif est de proposer une information claire, fiable et accessible à tous, en mettant en lumière des sujets variés qui nourrissent la réflexion et favorisent une meilleure compréhension de l’actualité.

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