Sénégal : Macky Sall conteste la « dette cachée » et interpelle le FMI

novembre 25, 2025

L’affaire autour de la dette publique sénégalaise prend une nouvelle tournure. L’ancien président Macky Sall, au cœur d’une vive controverse liée à une prétendue “dette cachée” de 7 milliards de dollars contractée entre 2019 et 2024, passe désormais à l’offensive. Son équipe d’avocats a adressé un courrier officiel au Fonds monétaire international (FMI), afin d’exiger des explications sur la méthodologie utilisée pour valider ce chiffre. L’enjeu dépasse la technique budgétaire : il touche à la crédibilité de l’État, à la transparence publique et à l’héritage politique de Macky Sall.

Macky Sall exige des clarifications du FMI

Au cœur du dossier, une question essentielle : comment le FMI a-t-il validé l’estimation de la dette cachée ? Selon la Cour des comptes du Sénégal, cette dette “non déclarée” s’élèverait à 7 milliards de dollars. Le rapport, explosif, affirme que cette charge s’est accumulée durant les dernières années du mandat de Macky Sall. Face à ces conclusions, l’ancien chef d’État conteste fermement et demande au FMI de clarifier sa position.

Le cabinet d’avocats français FTMS, qui représente Macky Sall, interroge directement les équipes du Fonds. Le courrier, consulté par RFI, pose une série de questions précises. Le FMI s’est-il appuyé sur ses propres audits des finances publiques pour valider ce montant ? Ou bien s’est-il basé uniquement sur les données fournies par l’administration sénégalaise ? Cette distinction est cruciale, car elle conditionne la fiabilité du chiffre avancé.

Maître Pierre-Olivier Sur, l’un des avocats de Macky Sall, affirme que plusieurs erreurs de méthodologie ont été relevées dans le rapport de la Cour des comptes. Selon lui, “l’absence de contrôle de la véracité des données utilisées” fausse la lecture globale du dossier. FTMS demande donc au FMI de transmettre les documents techniques ayant servi à confirmer le montant présenté par les autorités sénégalaises.

Une contre-attaque juridique qui rebat les cartes à Dakar

La démarche de Macky Sall n’est pas seulement technique. Elle vise aussi à défendre son bilan. L’ancien président conteste toute idée de dissimulation et remet en cause la solidité du rapport national. Sa stratégie juridique s’appuie sur un argument central : la dette cachée n’existe pas, ou du moins, elle ne peut être présentée comme une certitude sans une expertise indépendante.

Le courrier adressé au FMI comprend également une demande de rencontre formelle. Les avocats souhaitent échanger directement avec un représentant du Fonds afin d’obtenir des réponses claires. Cette démarche vise à couper court aux spéculations politiques et à replacer le débat sur un terrain strictement factuel. Dans le même temps, cette affaire secoue la scène politique au Sénégal. Elle intervient alors que les nouvelles autorités cherchent à clarifier l’héritage financier du pays. La controverse renforce les tensions et relance les discussions autour de la gouvernance budgétaire, de la transparence publique et de la gestion de la dette durant les années Macky Sall.

Morgan Dossou

Journaliste passionné depuis une dizaine d'années, je m’intéresse aux grands enjeux de notre époque et à l’évolution du monde contemporain. Mon objectif est de proposer une information claire, fiable et accessible à tous, en mettant en lumière des sujets variés qui nourrissent la réflexion et favorisent une meilleure compréhension de l’actualité.

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