Washington tremble. La question de la destitution de Trump n’a jamais été aussi brûlante. Ce mardi, pas moins de 85 élus démocrates de la Chambre des représentants ont officiellement demandé au vice-président JD Vance d’activer le 25e amendement de la Constitution américaine. Motif invoqué : le président serait mentalement inapte à exercer ses fonctions.
Des propos qui ont tout déclenché
Tout part des déclarations fracassantes de Donald Trump sur l’Iran. Le président américain a menacé de «détruire» la civilisation iranienne. Des mots d’une violence rare, qui ont sidéré jusqu’à ses propres alliés. Dans la foulée, il s’adressait directement aux Iraniens sur les réseaux sociaux avec des formules délirantes, avant qu’un cessez-le-feu ne soit finalement annoncé.
Ces contradictions répétées ont achevé de convaincre ses opposants. Pour eux, Trump n’est plus en état de gouverner.
«Ses facultés mentales s’effondrent»
Les mots des élus démocrates sont sans appel. La représentante progressiste Alexandria Ocasio-Cortez a tiré la sonnette d’alarme. Selon elle, «les facultés mentales du président sont en train de s’effondrer». Le sénateur Jack Reed a abondé dans le même sens. «Il semble avoir perdu le contrôle», a-t-il accusé.
Le sénateur Chris Murphy est allé encore plus loin. «C’est complètement, totalement délirant. Il a déjà tué des milliers de personnes. Il va en tuer des milliers d’autres», a-t-il martelé. Son appel est clair : les membres du cabinet devraient consulter des juristes sur le 25e amendement.
Même ses ex-alliés retournent leur veste
C’est peut-être le signe le plus révélateur. Marjorie Taylor Greene, ancienne trumpiste convaincue, a publiquement réclamé l’application du 25e amendement. «Nous ne pouvons pas tuer une civilisation entière. C’est maléfique et de la folie», a-t-elle écrit sur X.
Cette prise de position fracture davantage le camp républicain. Elle montre que la grogne dépasse désormais les clivages partisans habituels.
Que dit exactement le 25e amendement ?
Cet amendement constitutionnel permet de déclarer un président «inapte» à exercer ses fonctions. Concrètement, une majorité du cabinet — soit huit membres sur quinze — doit signer une déclaration en ce sens. Elle est ensuite transmise aux présidents des deux chambres du Congrès.
Le vice-président assume alors immédiatement la présidence par intérim. Toutefois, Trump peut contester la décision. En cas de désaccord persistant, le Congrès tranche. Une majorité des deux tiers dans chaque chambre est alors nécessaire pour maintenir l’éviction.
Une destitution inenvisageable en pratique
Malgré le bruit politique, la réalité est claire. Le cabinet de Trump lui est largement acquis. Le Congrès reste à majorité républicaine. Les conditions d’une destitution effective ne sont donc pas réunies aujourd’hui.
La Maison Blanche balaie d’ailleurs ces appels d’un revers de main. Son porte-parole Davis Ingle y voit la preuve de la «faiblesse» des démocrates. Il rappelle qu’ils parlaient déjà de destituer Trump avant même son investiture.
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L’impeachment aussi sur la table
Parallèlement, plusieurs élus envisagent une procédure d’impeachment. Les sénateurs Ed Markey et Seth Moulton ont déjà appelé à la lancer. Cette procédure nécessite un vote majoritaire à la Chambre, puis une majorité des deux tiers au Sénat. Trump a déjà survécu à deux impeachments lors de son premier mandat.
La pression monte. Mais pour l’heure, Donald Trump reste solidement en selle.