Une nouvelle page s’ouvre pour Macky Sall. Le 2 mars 2026, la candidature de l’ancien président sénégalais au poste de Secrétaire général des Nations Unies a été officiellement déposée au siège de l’organisation à New York. Un geste hautement symbolique, porté par Évariste Ndayishimiye, président du Burundi et actuel président en exercice de l’Union africaine, agissant au nom du continent. Avec ce soutien formel, Macky Sall devient le candidat désigné par l’Union africaine pour succéder à António Guterres, dont le mandat s’achève le 31 décembre 2026. L’Afrique affiche ainsi sa volonté de peser davantage dans la gouvernance mondiale.
Une ambition continentale assumée
La désignation de Macky Sall ne relève pas d’un simple parrainage diplomatique. Elle traduit une stratégie africaine plus large, longtemps évoquée dans les cercles politiques du continent. Depuis plusieurs années, les chefs d’État africains plaident pour une représentation accrue au sein des grandes institutions internationales.
Ancien président du Sénégal entre 2012 et 2024, Macky Sall a occupé la présidence tournante de l’Union africaine en 2022. À ce titre, il a mené des discussions sensibles sur la sécurité alimentaire, la dette des pays africains et la réforme des institutions financières internationales.
Son discours en faveur d’un ordre mondial plus équilibré a contribué à forger son image de diplomate aguerri. Ses relations tissées avec les dirigeants européens, américains, asiatiques et du Moyen-Orient constituent un autre atout dans cette bataille feutrée mais décisive.
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Une procédure jalonnée d’obstacles
La route vers le Secrétariat général des Nations Unies demeure toutefois exigeante. Le Conseil de sécurité des Nations unies devra d’abord recommander un candidat. Or, chacun des cinq membres permanents dispose d’un droit de veto. La moindre opposition peut bloquer une candidature, quelles que soient les alliances régionales.
Si un consensus émerge, l’Assemblée générale des Nations unies procédera ensuite à l’approbation formelle. Ce double verrou institutionnel confère au processus une dimension éminemment géopolitique.
L’Afrique rappelle que deux de ses ressortissants ont déjà dirigé l’ONU, notamment Boutros Boutros-Ghali et Kofi Annan. Depuis la fin du mandat de ce dernier en 2006, le continent n’a plus occupé ce poste stratégique. Macky Sall sera-t-il le troisième ? Les jours à venir nous éclaireront. De toute manière, l’enjeu est de taille pour l’ancien président sénégalais.
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Un tournant personnel pour l’ancien chef d’État
Depuis son départ du pouvoir en avril 2024, Macky Sall s’était tenu en retrait de la scène politique sénégalaise. Cette candidature marque son retour au premier plan, mais sur une scène infiniment plus vaste. Elle suscite déjà des débats. Certains y voient la continuité d’un engagement diplomatique entamé durant ses années au pouvoir. D’autres s’interrogent sur les équilibres politiques mondiaux qui pourraient influencer l’issue du scrutin.
Quoi qu’il advienne, cette démarche place l’Afrique au cœur d’une compétition stratégique majeure. La succession d’António Guterres ne sera pas seulement une question de personne. Elle reflétera les rapports de force d’un monde en recomposition, où le continent africain entend faire entendre sa voix avec davantage de constance et de détermination.