Madagascar : les autorités de transition face à une forte pression

décembre 29, 2025

À Madagascar, la Conférence des évêques a profité du message de Noël pour interpeller les autorités de transition. Dans un contexte marqué par la prise de pouvoir des militaires le 14 octobre dernier, les responsables religieux appellent à rompre avec les pratiques du passé et à restaurer la confiance entre dirigeants et population.

Mise en garde des évêques

Le ton employé par la Conférence épiscopale se veut ferme. Les évêques estiment que le pays peine à apprendre de son histoire récente. « Les crises montrent que nous ne savons pas tirer les leçons de l’histoire », dénoncent-ils dans leur message, tout en pointant « la persistance de corruptions scandaleuses ».

Selon eux, les difficultés politiques et sociales trouvent leur origine dans une rupture du dialogue. Le père Séraphin Rafanomezantsoa, secrétaire coordonnateur de la Conférence des évêques de Madagascar, insiste sur ce constat. « La source de ces crises successives, c’est l’absence d’écoute entre les dirigeants, les gouvernants et le peuple », explique-t-il.

Par ailleurs, il évoque le fossé entre promesses et réalités. « Il y a aussi trop de promesses qui ne sont pas réalisées. Cette confiance a été brisée à Madagascar », ajoute-t-il. Pour les responsables religieux, les difficultés quotidiennes des citoyens sont connues des autorités. Toutefois, ils s’interrogent sur l’inaction prolongée des dirigeants. « Mais pourquoi est-ce que l’on attend toujours que les citoyens manifestent pour agir, pour avancer ? », questionne encore le prêtre.

Un appel clair à la responsabilité des dirigeants

Face à la transition en cours, les évêques adressent un avertissement direct aux autorités dirigées par le président Michael Randrianirina. Ils demandent un changement visible dans la gouvernance. « Les évêques rappellent toujours cette responsabilité, ce changement vers l’abolition de la corruption », souligne Séraphin Rafanomezantsoa.

Même si cette lutte s’inscrit dans le temps, les religieux exigent des signes concrets. « Elle ne peut être abolie du jour au lendemain, mais il faut que le chemin qui mène vers cette abolition soit visible et senti par le peuple », précise-t-il. La Conférence épiscopale insiste sur le sens du service public. « Les dirigeants doivent se mettre au service du peuple. Ils ne sont pas là pour être servis, mais plutôt pour servir », conclut le responsable religieux, rappelant ainsi les attentes fortes de la population malgache en période de transition.

Morgan Dossou

Journaliste passionné depuis une dizaine d'années, je m’intéresse aux grands enjeux de notre époque et à l’évolution du monde contemporain. Mon objectif est de proposer une information claire, fiable et accessible à tous, en mettant en lumière des sujets variés qui nourrissent la réflexion et favorisent une meilleure compréhension de l’actualité.

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