À New York, la 80ᵉ Assemblée générale de l’ONU a donné la parole à plusieurs chefs d’États africains. Tous ont insisté sur la nécessité de transformer une institution jugée dépassée face aux crises mondiales. Représentation au Conseil de sécurité, financement de la paix ou justice énergétique : leurs messages convergent vers un même constat, l’Afrique refuse d’être marginalisée.
Les appels africains à une ONU réformée
Depuis la tribune, Denis Sassou-Nguesso a ouvertement défendu le rôle des Nations unies. « Les Nations unies sont même indispensables, mais à une condition : qu’elles sachent évoluer », a déclaré le président congolais. Pour lui, l’organisation ne peut conserver son influence qu’en se rapprochant des peuples et en apportant des réponses concrètes aux défis actuels.
Le Sénégalais Bassirou Diomaye Faye a, lui, ciblé le Conseil de sécurité. « Je renouvelle le soutien du Sénégal pour une représentation plus juste et plus équitable de l’Afrique », a-t-il martelé. Il a appelé à une gouvernance mondiale plus démocratique et inclusives, notamment à travers un cadre fiscal international plus équitable et un meilleur accès au crédit pour financer le développement.
Les défis énergétiques et sécuritaires au cœur des discours
À la veille de manifestations dans son pays, le président malgache Andry Rajoelina a mis en avant la question énergétique. Il a rappelé que l’accès à l’électricité est passé de 24 % à 40 % en six ans, et fixé un objectif de 70 % d’énergie verte d’ici 2028. « Beaucoup reste à faire », a-t-il admis, tout en soulignant l’appui déterminant des agences onusiennes.
De son côté, le Centrafricain Faustin-Archange Touadéra a tiré la sonnette d’alarme sur l’insécurité mondiale. « Plus de 40 % des conflits armés dans le monde se déroulent sur ce continent », a-t-il affirmé, citant les drames du Sahel et de la Corne de l’Afrique. Il a exigé un financement structurel et obligatoire des missions de paix en Afrique, estimant que « sans sécurité, il n’y a ni prospérité ni droits humains effectifs ».
Enfin, le président kényan William Ruto a mis en avant la mission multinationale conduite en Haïti. Malgré des moyens limités, « la MMAS a obtenu des résultats que beaucoup pensaient impossibles », a-t-il assuré, regrettant toutefois un manque de solidarité internationale pour renforcer l’opération.
En reprenant la parole à New York, les dirigeants africains ont replacé leurs priorités au centre du débat mondial. Derrière la diversité des sujets – réformes institutionnelles, énergie, paix ou justice fiscale – se dessine une volonté commune : celle d’obtenir une place légitime au sein d’une ONU appelée à évoluer. Reste à savoir si cette mobilisation portera ses fruits, ou si le Conseil de sécurité continuera de refléter un ordre mondial hérité du siècle dernier.