La République démocratique du Congo connaît un tournant politique marqué avec l’élection d’Aimé Boji Sangara à la présidence de l’Assemblée nationale. Le vote, organisé jeudi soir, a consacré le quinquagénaire avec 413 voix sur 423 votants, confirmant un large soutien de la majorité et une ascension déjà très remarquée au sein de la scène politique congolaise.
Une élection sans surprise pour un candidat unique soutenu par la majorité
Candidat unique, porté par son parti – l’Union pour la nation congolaise (UNC) – et soutenu par la coalition majoritaire, Aimé Boji Sangara a franchi cette étape comme une formalité. Son élection intervient dans un contexte particulier, puisque le nouveau président succède à Vital Kamerhe, leader de son propre parti. Selon plusieurs analystes, les relations entre les deux hommes auraient récemment connu des tensions, même si aucun des protagonistes n’a confirmé publiquement ces rumeurs.
Fort d’un parcours ministériel impressionnant, Aimé Boji a occupé plusieurs postes clés entre 2016 et 2025. Il a été ministre du Commerce extérieur, ambassadeur itinérant du Président Félix Tshisekedi, ministre du Budget puis ministre de l’Industrie. Une trajectoire ascendante qui reflète une influence politique grandissante. Sa démission du gouvernement, intervenue le 20 octobre, lui a permis de se consacrer à la conquête du perchoir.
Son profil séduit autant par son expérience que par sa formation solide. Diplômé en relations internationales et en économie du développement, il maîtrise les enjeux politiques et économiques du pays. Originaire du Sud-Kivu, comme Vital Kamerhe, il incarne une continuité géographique, mais une nouvelle dynamique pour l’Assemblée nationale.
Qui est Aimé Boji Sangara, le nouveau visage du perchoir ?
Né le 8 janvier 1968 à Kabare, Aimé Boji Sangara Bamanyirue grandit au sein d’une famille ancrée dans la vie publique. Fils de Boji Dieudonné, ancien gouverneur du Kivu, il suit un parcours académique prestigieux, d’abord au Collège Alfajiri de Bukavu, puis en Angleterre. Il obtient une licence en économie et gestion à Oxford Brookes en 1994, avant de décrocher une maîtrise à l’Université d’East Anglia en 1997.
Engagé en politique dès 2006, il est élu député national à trois reprises : en 2006, 2011 et 2023. Son parcours lui confère aujourd’hui une expérience rare au sein de la classe politique congolaise. Lors de son installation, le nouveau président de l’Assemblée nationale a promis de « travailler pour l’intérêt du peuple congolais » et de garantir une institution « inclusive », ouverte au dialogue et à un débat démocratique apaisé. Avec Aimé Boji Sangara au perchoir, la RDC ouvre un nouveau chapitre politique, marqué par l’espoir d’une gouvernance parlementaire plus stable et tournée vers l’avenir.