C’est une information qui a secoué la classe politique française ce jeudi 2 avril. Rima Hassan, eurodéputée La France Insoumise et figure emblématique de la cause palestinienne en France, a été placée en garde à vue. Une arrestation qui a immédiatement provoqué une onde de choc au sein de la gauche radicale française et bien au-delà.
Une garde à vue pour apologie du terrorisme
Plusieurs sources internes à LFI le confirment. L’AFP également. Rima Hassan est en garde à vue pour apologie du terrorisme. L’affaire tourne autour d’un tweet. Ce message aurait fait référence à Kozo Okamoto. Cet homme était membre de l’Armée rouge japonaise. Il est le seul survivant du massacre de l’aéroport de Tel-Aviv, commis le 30 mai 1972. Ce jour-là, 26 personnes avaient perdu la vie. Parmi elles, des citoyens israéliens et américains.
Le message incriminé, depuis supprimé, aurait repris des propos attribués à Okamoto : « J’ai consacré ma jeunesse à la cause palestinienne. Tant qu’il y aura oppression, la résistance ne sera pas seulement un droit, mais un devoir. » Par ailleurs, selon une source proche du dossier citée par l’AFP, une petite quantité de drogue de synthèse a également été retrouvée dans le sac de l’eurodéputée.
Un signalement venu du Rassemblement National
Il convient de rappeler que c’est le député RN de la Somme, Matthias Renault, qui avait effectué fin mars un signalement auprès de la procureure de la République de Paris concernant ce message. Dès l’annonce de la garde à vue, il est allé plus loin en appelant à lever l’immunité parlementaire de Rima Hassan. Une demande qui, si elle aboutissait, pourrait avoir des conséquences importantes sur la carrière de l’eurodéputée.
LFI monte au créneau
Les réactions ont été immédiates. Jean-Luc Mélenchon dénonce une « police politique ». Selon lui, cette garde à vue vise à museler les voix critiques envers Israël. Dans le même sens, Manon Aubry fustige un « harcèlement judiciaire » inacceptable dans un État de droit.
L’entourage de Rima Hassan publie également une déclaration ferme. « C’est un nouveau cap franchi dans le harcèlement judiciaire visant à faire taire les voix qui défendent les droits du peuple palestinien », affirment-ils. La tension est donc extrême. Et le camp insoumis n’entend visiblement pas en rester là.
Un parcours marqué par la controverse
Rima Hassan n’en est toutefois pas à sa première confrontation avec la justice française. En effet, cette juriste franco-palestinienne de 33 ans est ciblée depuis fin 2023 par une enquête pour apologie du terrorisme. Et ce, après avoir tenu des propos jugés favorables au Hamas dans la foulée des attaques du 7 octobre 2023. Elle avait déjà été convoquée par la police au printemps 2024 dans ce cadre.
Néanmoins, elle reste une figure incontournable du débat public français. Porte-drapeau de la cause palestinienne, elle avait embarqué à deux reprises à bord de bateaux en direction de Gaza pour dénoncer le blocus humanitaire, et avait même été temporairement détenue par les forces israéliennes après l’interception de l’un de ces navires.
Finalement, cette nouvelle garde à vue risque d’alimenter encore davantage les tensions politiques en France autour du conflit israélo-palestinien. Une chose est certaine : l’affaire Rima Hassan est loin d’être terminée.
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