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Burkina - Négocier, dialoguer, que faire avec les groupes armés ?

Jeudi 12 Mai 2022 / Burkina - Négocier, dialoguer, que faire avec les groupes armés ?

Le lourd tribut payé à l’insécurité appelle à appréhender le terrorisme islamiste différemment. Gouvernement et populations s’y attellent comme ils peuvent.

Avant que le président de la transition, Paul Damiba, ne décide, le 1er avril, lors d'un discours à la nation, de la création de « comités locaux de dialogue pour la restauration de la paix », la question de la négociation avec les groupes armés terroristes taraudait déjà bien des Burkinabés, marqués par près de sept années de sanglantes incursions subies dans différentes parties du territoire, lesquelles ont occasionné des milliers de morts, civils et militaires. Deux semaines après l'annonce du chef de l'État, le conseil des ministres a formellement donné corps à l'intention par l'adoption d'un décret de la création de ces comités. L'objectif reste celui annoncé par le chef de l'État : « aménager des passerelles pour permettre à ceux qui, par naïveté, par appât du gain, par contrainte ou par désir de vengeance, ont été entraînés dans une spirale extrémiste ».

Un sujet délicat

Le ministre en charge de la Réconciliation, Yéro Boli, l'a dit lors d'un point de presse. Son collègue de l'Éducation nationale et porte-parole du gouvernement, Lionel Bilgo, l'a répété sur le plateau de la télévision nationale : « Il ne s'agit pas d'une négociation, mais d'un dialogue. » Comme pour dire : « À sujet sensible, vocable approprié. »

Cela dit, « négociation » ou pas, les questions qui se bousculent au sein de l'opinion restent les mêmes : « Comment réussir ce processus ? Quels peuvent être ses enjeux ? Quelles conditions et quelles lignes rouges à ne pas franchir ? Quel sort réserver à ceux qui accepteront volontiers de déposer les armes ?

Le débat autour de la question du dialogue ou de la négociation avec les groupes armés est d'autant plus délicat que les sentiments se mêlent à des prérequis difficiles à matérialiser.

Quand Hamadoum Tamboura parle de Djibo, sa terre natale, le timbre de sa voix laisse deviner l'exaspération qui l'anime. Cela fait bientôt sept ans qu'il n'a plus foulé ce chef-lieu de la province du Soum – région du Sahel –, situé à quelque 200 km au nord de Ouagadougou. Ce fonctionnaire, aujourd'hui membre du cadre de concertation des organisations de la société civile du Soum, se contente depuis de coups de fil pour avoir les nouvelles d'une partie des siens qui y résident.

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Source: LePoint

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