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Burkina Faso - Antiterrorisme : pour le Burkina, l’heure de la diversification partenariale

Mardi 06 Septembre 2022

La visite à Bamako du colonel Damiba, chef de la junte burkinabée, est une forte illustration d’un redéploiement stratégique déjà engagé à Ouagadougou.

Question d'un journaliste au chef du gouvernement burkinabé, Albert Ouédraogo, lors d'un grand entretien accordé à la télévision d'État sur le bilan de six mois passés à la tête du gouvernement : « Monsieur le Premier ministre, on a un partenaire [militaire] classique qui est la France. Il y en a qui pensent à la Russie et à bien d'autres pays. De plus en plus de Burkinabés estiment qu'il faut rompre définitivement avec la France, est-ce que vous pensez que ces derniers ont raison ? »

Réponse d'Albert Ouédraogo : « Je comprends leur revendication parce que la France est le partenaire historique et même le premier partenaire… Si, depuis des années, cette coopération n'a pas permis d'assainir l'aide, il faut se poser des questions. Et je suis tout à fait d'accord, qu'aujourd'hui, il faut la revoir. Nous, en tant que dirigeants, nous ne pouvons pas continuer à rester sourds à ces revendications de composantes importantes de notre peuple. » Et le chef du gouvernement d'indiquer au passage qu'« il n'y a aucun problème entre les peuples français et burkinabé », ajoutant que « le problème se pose en termes de politique et de relations de coopération ». Une déclaration qui a retenu l'attention d'une partie de l'opinion autour de la question de savoir comment les autorités actuelles du Burkina envisagent de déployer leurs partenariats militaires et politiques.

Un changement de pied amorcé…

Au-delà des mots choisis, c'est une tendance de fond en termes de pensée stratégique qui se fait ainsi jour. Plus que jamais, les autorités issues du coup d'État de fin janvier semblent donc résolues à multiplier les pistes de solution pour faire face aux violences terroristes qui ont, en sept ans, causé la mort de plusieurs milliers de civils et militaires, et causé le déplacement de 10 % de la population burkinabée, soit deux millions de personnes.

Ainsi, lors du même entretien accordé à la télévision nationale, le chef du gouvernement burkinabé a défini quatre principes pour guider cette diversification : d'abord, « la liberté de choisir le partenaire qui nous arrange […] quitte à froisser certains partenaires historiques » ; ensuite, « la sincérité pour un partenariat gagnant-gagnant » ; puis, « l'indépendance territoriale afin qu'aucune troupe étrangère ne mène le combat à la place de l'armée burkinabée » ; enfin, « l'optimisation des atouts de chaque partenaire à la seule fin de bénéficier de la spécificité de chacun ».

De telles affirmations conduisent inéluctablement à se demander si Ouagadougou est prêt à desserrer ses liens de coopération militaire avec un partenaire historique tel que la France, qui a fortement participé, avec Barkhane, à des opérations qui ont débouché sur des succès sur le sol burkinabé comme celle menée fin mai dernier à Bourzanga, dans le nord du pays. « Elle a permis de faire échouer [une] attaque majeure et d'infliger de lourdes pertes aux terroristes », avait d'ailleurs indiqué un communiqué de l'état-major des armées françaises. À coup sûr, ce serait exagéré de le penser, car ce serait un non-sens stratégique. Cela dit, elles ouvrent la voie à d'autres approches avec des armées de la sous-région au moment où le G5 Sahel s'est enlisé dans les sables de la fracture entre le Mali et la France.


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