Le Kenya s’apprête à renforcer son soutien aux voitures électriques afin d’accélérer la transition énergétique du pays. Le gouvernement mise sur de nouvelles incitations fiscales, des infrastructures de recharge élargies et une politique nationale dédiée pour réduire la dépendance aux combustibles fossiles et respecter ses engagements climatiques.
Voitures électriques au Kenya : quelles mesures pour accélérer l’adoption ?
Le gouvernement kényan veut stimuler le marché en rendant les véhicules électriques plus accessibles. Ces mesures s’inscrivent dans une stratégie plus large de transition vers une mobilité durable.
Nouvelles incitations fiscales et avantages financiers
Le secrétaire d’État aux Transports, Davis Chirchir, a annoncé que le Kenya mettra en place de nouvelles exonérations fiscales dès juillet. Ces mesures incluent des exonérations de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et des réductions de droits d’accise sur plusieurs catégories de véhicules électriques.
Le pays avait déjà instauré des avantages fiscaux pour les bus électriques, vélos, motos et batteries lithium-ion. Désormais, ces incitations seront élargies afin d’encourager un plus grand nombre d’investisseurs et de consommateurs. Par ailleurs, la taxe de timbre appliquée aux stations de recharge sera réduite en 2027, afin de faciliter l’expansion des infrastructures de recharge sur l’ensemble du territoire.
Selon Davis Chirchir, « la mobilité électrique est essentielle pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, diminuer la dépendance aux combustibles fossiles importés et favoriser la croissance économique grâce à la fabrication locale et à la création d’emplois ». Le gouvernement espère ainsi stimuler l’industrie locale et renforcer l’attractivité du marché kényan.
Une politique nationale alignée sur les objectifs climatiques
Ces mesures s’inscrivent dans le cadre de la nouvelle Politique nationale de mobilité électrique, récemment lancée. Cette politique vise à aligner le secteur des transports sur les engagements climatiques du Kenya dans le cadre de l’Accord de Paris.
Le pays s’est engagé à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 32 % d’ici 2030. Le secteur des transports figure parmi les principaux contributeurs aux émissions de carbone, ce qui rend la transition vers l’électrique stratégique. Mohammed Daghar, secrétaire principal aux Transports, affirme que « le Kenya a posé les bases d’un système de transport plus propre, plus efficace et plus durable ».
Dans cette dynamique, le gouvernement prévoit d’équiper ses ministères de 3 000 véhicules électriques d’ici la fin de l’année prochaine, un signal fort en faveur de l’adoption institutionnelle de cette technologie.
Voitures électriques au Kenya : croissance du marché et défis économiques
Le marché des voitures électriques connaît une expansion rapide, soutenue par des investissements publics et privés. Cependant, cette transition soulève aussi des enjeux financiers et structurels.
Une croissance rapide du parc de véhicules électriques
Le nombre de véhicules électriques immatriculés au Kenya est passé de 796 en 2022 à 24 754 en 2025, illustrant une croissance spectaculaire. Cette progression repose en grande partie sur l’augmentation des motos électriques, des bus et des véhicules de flotte dans les zones urbaines.
Les experts estiment que les ventes de véhicules électriques, y compris motos, bus et voitures particulières, pourraient atteindre un niveau équivalent à celui des véhicules à essence et diesel d’ici 2042. Cette évolution marquerait un changement structurel majeur du système de transport kényan, avec un impact positif sur la qualité de l’air et la sécurité énergétique.
À l’échelle continentale, l’intérêt pour la mobilité électrique en Afrique ne cesse de croître. Le Rwanda et l’Égypte ont déjà mis en place des incitations fiscales et non fiscales, notamment des exonérations sur les importations et des avantages pour les entreprises impliquées dans la fabrication et l’assemblage de véhicules électriques.
ARTICLE SIMILAIRE : La CEDEOA supprime les taxes aériennes pour réduire le coût des voyages en 2026
Des risques budgétaires liés à la baisse des taxes sur les carburants
Malgré ces avancées, la transition vers les voitures électriques comporte des risques économiques. Le Kenya dépend fortement des taxes sur les carburants pour financer l’entretien des routes et les services liés aux transports.
Selon les projections officielles, le remplacement progressif des véhicules à essence et diesel par des modèles électriques pourrait entraîner un manque à gagner de 693 millions de dollars d’ici 2043, contre un déficit estimé à 16,9 millions de dollars en 2025. Ce recul des recettes fiscales pose un défi majeur pour la soutenabilité des finances publiques.
Pour compenser cette perte, le gouvernement étudie plusieurs options, dont des redevances d’utilisation des routes et d’éventuelles taxes liées à l’électricité, notamment sur les stations de recharge. Davis Chirchir a confirmé que ces solutions figurent parmi les pistes envisagées pour préserver l’équilibre budgétaire tout en soutenant la transition énergétique.
En misant sur les voitures électriques, le Kenya cherche à réduire son empreinte carbone, stimuler l’innovation locale et transformer durablement son secteur des transports. Cette stratégie pourrait faire du pays un modèle régional en matière de mobilité électrique, à condition de relever les défis financiers et infrastructurels liés à cette transition.